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Nicaragua: Ometepe, et le reste

18 heures, 3 frontières, bienvenue dans le Savador-Honduras-Nicaragua express !

Si ce voyage en bus est quand même très long, il n’en est pas moins confortable et agréable. Le bus, qui n’a rien à voir avec les Chicken buses que nous avons pris récemment, y est pour beaucoup : tout confort, nourriture à bord, air climatisé… Nous avions oublié tous ces petits détails qui font du bien, de temps en temps. Même les passages aux douanes sont agréables et rapides, à notre grande surprise.

Du Salvador et du Honduras nous ne voyons pas grand chose, si ce ne sont les quelques très belles vallées que nous traversons sous le soleil, avant finalement d’entrer au Nicaragua et d’arriver à Managua, sa capitale et notre destination finale.

Managua la révolutionnaire

Il est 21 h 30, nous ne savons pas trop où nous sommes et il nous faut à présent trouver un logement pour les deux prochaines nuits. D’emblée, cette ville ne nous emballe pas. Il faut dire que lorsque nous découvrons une ville de nuit, nous sommes sur nos gardes. D’autant plus à Managua qui n’a pas forcément la réputation d’être une ville sûre. Mais nous trouvons rapidement une auberge de jeunesse qui fera l’affaire.

Le lendemain nous partons à la découverte de la ville, qui n’a pas grand-chose pour nous séduire. Il y a bien ces quelques monuments et statues à la gloire de la révolution Nicaraguayenne contre l’empire Américain, et cet immense portrait de Hugo Chavez, l’ancien président Vénézuélien et grand ami du président Nicaraguayen actuel, le Sandiniste Daniel Ortega.

Il y a aussi, sur un grand boulevard, toute une collection de scènes géantes de la nativité, mises en lumière et en musique par divers commanditaires locaux, avec plus ou moins de goût. Qu’importe, le rêve est là et c’est parfait pour nous mettre dans l’ambiance des Fêtes, surtout Emma.

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Granada, Antigua bis

Nous quittons sans regret Managua pour nous rendre à Granada, 40 km à l’Est, une ville a priori beaucoup plus belle. Mark et Julie, nos hôtes Warmshowers nous y hébergeront pour les prochains jours. Quelle bonne surprise en les rencontrant de découvrir qu’ils viennent eux aussi de Montréal ! Emma est si ravie de parler – en français ! – à des compatriotes. Leur maison est idéalement placée au centre de Granada et leur petite piscine fait le bonheur d’Emma, qui s’occupera aussi de la décoration du sapin de Noël.

Sapin

Lorsqu’on vient d’une ville comme Antigua, force est de reconnaître que Granada fait un peu pâle figure, en comparaison. Mais ne boudons pas notre plaisir, certains monuments et églises sont vraiment magnifiques, et la vue du haut de l’église de la Merced est ravissante.

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Cependant il faut reconnaître que jusqu’ici nous ne sommes pas conquis par Granada, ni par le Nicaragua en général. Bien sûr nous ne sommes dans ce pays que depuis une semaine, mais quelque chose cloche et nous mettons enfin le doigt dessus : nous trouvons les Nicaraguayens plutôt froids avec nous. Oh, pas que nous nous attendions à de grandes accolades, mais jusqu’ici durant ce voyage, nous avons toujours salué à vélo les gens que nous croisions du regard. Toujours, ils nous ont répondu, souvent plutôt chaleureusement, la palme de la chaleur revenant aux Guatémaltèques, suivis de près par les Américains. Mais ici, rien de tout cela. Idem lorsque nous entrons dans un petit resto, un magasin ou même au marché : c’est à peine si les gens nous répondent. Quant à un sourire… Nous ne nous en formalisons pas, même si nous sommes surpris. Espérons simplement que cette impression sera démentie au cours des prochains jours.

Nous profitons de notre séjour à Granada pour aller faire un tour à la réserve naturelle de la lagune Apoyo, un ancien cratère volcanique depuis devenu un lac aux eaux propres, chaudes et limpides. Entouré de forêts, cet endroit ressemble à s’y méprendre à un lac du Québec, pour notre plus grand plaisir. Pas le choix d’aller jouer un peu dans l’eau !

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Ometepe, deux volcans pour le prix d’un

C’est en bateau que nous nous rendons ensuite vers notre prochaine destination et coup de coeur du Nicaragua : l’île d’Ometepe, sur le lac Nicaragua, le plus grand du pays. Au cours de la traversée, nous rencontrons Joe, un jeune cyclotouriste américain voyageant depuis huit mois depuis l’Arizona. Nous sympathisons rapidement et décidons de faire un bout de chemin ensemble. L’arrivée sur l’île est magnifique, alors que nous découvrons les deux volcans qui la surplombent, dont l’un est un cône parfait.

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Nous décidons de nous baser pour deux jours entre les deux volcans, non loin de la très jolie plage Santo Domingo.

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Le lendemain nous prévoyons de faire le tour de la partie sud de l’île, mais Joe ne peut nous accompagner, alors qu’il semble terrassé par un mal inconnu : fièvres, crampes, vertiges… Notre ami ne va pas fort, au point de devoir aller à l’hôpital. Il en reviendra heureusement le soir même. C’est donc tous les trois que nous partons explorer le sud de l’île à vélo. Nous n’avons pas les bagages et c’est une chance, car la route s’avère être un chemin dont les conditions vont de « mauvaise » à « c’est l’enfer, qu’est-ce qu’on fiche ici ? ». Mais les vues sur les volcans nous récompensent de nos efforts et nous passons une excellente journée.

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Cerise sur le gâteau : les gens que nous rencontrons en chemin s’avèrent tous être vraiment sympathiques à notre égard, prouvant ainsi, comme nous l’espérions, que tous les Nicaraguayens ne sont pas tous antipathiques. Décidément cette île magnifique nous réconcilie avec le Nicaragua.

Dilemne

Notre ami Joe remis sur pied, nous quittons ensemble l’île et rejoignons le continent pour nous diriger vers la frontière, non loin. Reste toutefois un doute à clarifier : pour couvrir les 30 km jusqu’aux douanes, irons-nous en vélo ? Non que le relief soit pénible : c’est une route tout ce qu’il y a de plus plat. Mais le problème est ailleurs : cette section est réputée pour être un endroit où les cyclotouristes ont toutes les chances de se faire dépouiller. En effet, un petit groupe de voleurs a fait sa spécialité d’arrêter les cyclistes en voyage au détour d’un pont, de les emmener dans une ferme abandonnée pour leur faire les poches. Et ce, depuis plusieurs années, en toute impunité car bien sûr la Police « n’est pas au courant »… Il aura fallu le courage d’un couple de cyclotouristes américains pour avoir remué ciel et terre après s’être faits volés pour que l’on arrête et emprisonne deux des trois malfaiteurs. Mais même depuis, il semble que le problème ne soit pas résolu, d’autres voyageurs à vélo s’étant fait voler eux aussi.

Bien sûr, de nombreux autres cyclotouristes sont passés pas là sans connaître de problème. Bien sûr, nous sommes quatre, dont un enfant, et les risques sont vraiment minimes. Alors, que fait-on ? Allons voir la police locale pour leur demander de nous escorter. Mais leur réponse est prévisible : « pas au courant, pas de risque sur la route ». Bien sûr. Nous tentons le stop. Mais qui prendrait quatre vélos ? Nous nous rabattons donc sur… le bus. Oui, l’un de ceux dans lesquels j’avais juré de ne plus remonter. À l’intérieur, je ne peux m’empêcher de photographier cet avertissement: « Si vous vomissez dans le bus, vous payez 20 cordobas par passager »…

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Allez, une petite prière, et on embarque. Tout va bien aller, tout va bien aller…

Et tout a bien été. Même pas eu peur ! Arrivés à la frontière, nous remontons sur nos vélos et quittons déjà le Nicaragua, après moins de deux semaines. Bien sûr, nous n’avons pas vu grand chose de ce pays. Bien sûr, notre avis à son égard est sans doute biaisé par manque de recul, mais qu’importe : nous sommes trop contents d’arriver enfin aux portes de l’une des destinations les plus excitantes de notre voyage : le Costa Rica !

3 avis sur « Nicaragua: Ometepe, et le reste »

  1. Entre les rêves et la réalité, il y a la réalité… Et les rêves peuvent se rhabiller puisque subsiste toujours la réalité qui dépasse les meilleurs rêves. Mais une fois que l’on aura dit cela, il subsiste une réalité : celle du voyage où il vaut mieux rester éveillé.

  2. Bonne fête pour cette fin d’année au Costa Rica.
    Vous nous régalez de vos récits.

    Cécile

  3. Ca arrive parfois d’avoir des déceptions dans un voyage… tant pis, au moins vous y avez été et vous avez vu de quoi cela avait l’air !
    Bon voyage au Costa Rica, ça a l’air d’être magnifique là bas !

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