Belize / Blogue

Belize, un petit goût de Caraïbes

Le Belize est pour nous une énigme : qu’allons-nous découvrir dans ce petit pays ? Nous sommes tout excités de nous retrouver dans l’inconnu, tous les sens en alerte.

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Dès la frontière, le ton est donné : ici, on parle anglais. Il nous faudra un peu de temps pour nous réhabituer à cela : notre premier réflexe est de répondre en espagnol. Qui l’eut cru ?

Seconde découverte : on paie en dollars. Beliziens. Avec la Reine Elizabeth sur les billets. « Comme au Canada ! », dit Emma, toute heureuse de retrouver – un peu – de son pays. N’oublions pas que le Belize n’est indépendant que depuis 1981 et fait toujours partie du Commonwealth.

Brassage multi-ethnique

Si les paysages – pour l’instant – diffèrent peu du Mexique que nous venons de quitter, la population, elle, est bien différente, en majorité créole (issue des esclaves noirs et des pirates britanniques), mais pas seulement : elle est aussi Mestizo (issue des européens et des indigènes centraux-américains), Maya, Garifúna (issue des africains et indigènes sud-américains), et même Chinoise, Indienne, Allemande… Un joyeux mélange qui est toutefois assez déroutant : comment une telle diversité dans un si petit pays peut-elle aboutir à une culture et une identité harmonieuse ? Aucune idée, mais cela fonctionne.

Et c’est dépaysant, car on n’a pas vraiment l’impression d’être en Amérique Centrale. Parfois on se sent plus dans un état du sud-est des États-Unis, pour la langue et la population noire. Mais le plus souvent, on se sent dans les Caraïbes : la musique reggae, la culture rasta, les maisons colorées sur pilotis… nous rapprochent plus des Antilles que des voisins d’Amérique Centrale.

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Cerise sur le gâteau : dès nos premiers coups de pédale, nous avons la surprise d’être encouragés par beaucoup de gens que nous croisons sur les routes: « Hi ! Welcome to beautiful Belize ! »…

Quel dépaysement et quel changement du Mexique. Et pour être franc, ça fait du bien, d’autant plus que nous ne nous y attendions pas.

Changement de cap

Nous ne comptions pas rester longtemps au Belize. Juste le temps de traverser le pays, soit quatre jours, en roulant bien. D’autant que les routes, petites et dont l’asphalte est de piètre qualité, et la chaleur ne donnent pas le goût de s’y attarder.

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Mais ça, c’était avant de réaliser qu’on ne pouvait pas passer par le Belize sans aller voir ce pour quoi ce pays est mondialement reconnu : la fameuse barrière de corail qui en longe les côtes, la seconde plus grande du monde, après celle située en Australie.

Nous décidons donc de changer nos plans et de rejoindre Belize City, sur la côte. Ah, comme on les aime, ces improvisations qui rendent un voyage inoubliable… Et puis, la mer nous manquait déjà. Du coup, cette seconde journée s’avère plus longue que prévu : 96 interminables kilomètres, d’une rare monotonie, sous une chaleur écrasante…

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… mais nous gardons le moral !

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C’est à la tombée de la nuit que nous arrivons à Belize City, réputée pour être une ville plutôt dangereuse de soir… C’est vrai que les quartiers que nous traversons pour rejoindre le centre-ville ne sont pas des plus réjouissants. Bien sûr, nous nous perdons plus d’une fois, roulant dans des quartiers pas très invitants, mais finalement retrouvons notre chemin et arrivons sans encombre à destination où nous trouvons un petit hôtel barricadé à quelques coins de rue des quais. Sur la ville comme telle, rien à retenir : à nos yeux elle n’a pas de cachet, nous ne nous y sentons pas à l’aise… Aucune raison de s’y attarder. Mais elle a au moins un attrait : c’est le lieu de départ pour notre prochaine destination, Caye Caulker.

La mer bélizienne compte un nombre incalculable de petites îles, les cayes, qui sont autant de paradis pour la plongée et l’apnée. Certains lieux sont d’ailleurs devenus cultes pour les plongeurs du monde entier, comme le fameux « Big Hole », un trou bleu parfaitement circulaire de plusieurs dizaines de mètres de profondeur au cœur d’un atoll. Mais c’est définitivement la barrière de corail qui reste l’attraction numéro un, pour sa proximité des côtes et la richesse de sa faune. Et pour la découvrir, Caye Caulker reste une valeur sûre.

Caye Caulker

Imaginez une petite île de quelques centaines de mètres de large et quelques kilomètres de long, des petites maisons de bois de toutes les couleurs la couvrant, parmi les palmiers, habitée de pêcheurs créoles ayant pour devise : « Vivez lentement ». Un coin où l’on peut nager, faire de l’apnée ou de la plongée le jour, manger du homard le soir, le tout dans une ambiance tranquille, bercés de musique reggae (et entouré de millions de moustiques…) : vous êtes à Caye Caulker.

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Nous dénichons un petit hôtel tout ce qu’il y a de plus simple, tout à côté de l’eau et d’un quai duquel nous passerons quelques heures à plonger dans l’eau tiède.

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Mais nous ne sommes pas ici pour barboter près d’un quai : direction la barrière de corail !

En apnée au paradis

Nous décidons d’aller la découvrir en voilier et de passer toute la journée sur l’eau. Oh, pas un voilier de première jeunesse : une petite coquille de noix, le mât en bambou, la voile en coton huilé, mais il fait bien l’affaire. À la barre : un vieux créole tout maigrichon, chemise déchirée avec Bob Marley dans le dos, tuque rasta. Pour le seconder : un jeune mousse de 10 ans, pas beaucoup d’expérience mais très dégourdi.

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C’est parti pour une journée qui restera comme l’un de nos meilleurs souvenirs du voyage. Au programme : tout d’abord voile sur une mer turquoise dont nous verrons le fond en permanence. Déjà, en soit, la journée est parfaite.

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Mais le plus beau reste à venir, avec trois plongées en apnée, pour découvrir le récif et sa faune d’une richesse exceptionnelle. On nous promet de nager parmi les poissons par centaines, des coraux multicolores, des tortues marines, des raies et même des requins nourrices, impressionnants mais inoffensifs. Trop beau pour être vrai ? À vous de juger : à vos masques, palmes et tubas, c’est parti pour une petite plongée en apnée (en espérant que vous n’aurez pas trop le mal de mer)…

Le retour restera inoubliable, lui aussi : pour célébrer la journée, notre skipper nous propose du ti-punch à volonté. Bien serré. Cécile ne buvant pas d’alcool fort, me voilà trinquant avec notre skipper, enchaînant les verres… Moi je m’arrête au bout de trois verres, mais notre ami continue et semble tenir le coup. Sauf que lorsque nous approchons de Caye Caulker, voilà que le bateau vient lamentablement s’échouer sur un haut-fond sablonneux, à quelques encablures du quai, sous les regards amusés et moqueurs des amis marins de notre capitaine. Et nous voilà, le jeune mousse et moi à l’eau, à pousser le bateau pour le désensabler. Le petit m’avoue d’un air désabusé : « Il a encore trop bu… ». Quelques minutes plus tard, nous rejoignons le quai sans encombres. Journée mémorable jusqu’au bout !

Sept petits jours et puis s’en vont

À présent, direction le Guatemala ! Nous mettons deux jours pour nous rendre à la frontière. Quand on vous dit que le Belize est petit… Ces deux jours sont toutefois parfaits pour nous remettre en jambes en prévision du terrain montagneux qui nous attend. Tranquillement, les collines apparaissent, le relief s’arrondit doucement et les vues sont d’autant plus belles et moins monotones. Comme ça fait du bien de quitter les routes soporifiques des dernières semaines ! Emma, elle, s’est très vite habituée à son nouveau vélo et montre beaucoup de facilité et de volonté dans ces premières côtes. Pourvu que ça dure !

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Une petite semaine après notre arrivée, déjà nous quittons le Belize qui, malgré le peu de temps que nous y avons passé, nous a séduits par son caractère unique caribéen. Oh, bien sûr, nous aurions pu y passer plus de temps et aurions aimé visiter la partie sud du pays, où bat le cœur de la culture Garifúna, mais il faut faire des choix : on ne peut pas passer son temps à faire des détours, surtout en vélo. Ce sera pour un prochain tour du monde.

Pour l’heure, nous voici aux portes du Guatemala, de retour dans le monde Maya !

2 avis sur « Belize, un petit goût de Caraïbes »

  1. Quel beau changement ! Et vous m’en apprenez tant et plus sur un tas de dimensions vécues de l’intérieur. Très heureux pour Emma et son nouvel esprit allégé contagieux.

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