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Riviera Maya: le meilleur pour la fin ?

Ah, la côte Caribéenne mexicaine, ses eaux turquoises, ses plages paradisiaques de sable blanc… Quand on peut les atteindre.

Parce qu’il faut le budget pour passer du temps au bord de l’eau par ici ! Oh, pas un gros budget, bien sûr. Ce n’est pas pour rien que tant de monde se presse dans les parages pour y bronzer vite fait dans un tout-inclus pour une semaine en hiver. Mais voilà, ce budget est hors de notre portée dans le contexte de ce voyage. Et de toute façon, les tout-inclus, c’est vraiment pas notre truc. Mais qu’est-ce qu’on fait ici, alors ? On cherche des failles. Des moyens de profiter de la Riviera Maya à moindre coût. Pas facile, mais possible, en cherchant fort-fort. Voyons voir.

Le dernier village

Notre premier contact avec la côte caribéenne mexicaine se fait à Puerto Morelos, dernier vrai village sur 200 km de côte ayant su un tant soit peu garder son caractère pêcheur. Et encore, ses jours semblent comptés, tant les hôtels poussent ici comme des champignons. Nous en trouvons un – le seul en fait – qui dispose d’emplacements de camping sur la plage. Mais quand on nous en annonce le prix… Au suivant ! Nous atterrissons finalement dans un petit hôtel du centre, à trois rues de la plage, près de tous les services, pour une somme modique, avec accès aux cuisines. Parfait pour se poser deux jours et profiter de ce village, de son petit ponton tranquille et de son phare tout croche mais toujours debout après trois ouragans.

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Puis nous entamons notre descente vers le sud, le long de la très, très, très plate route qui longe la côte. En résumé ? Imaginez rouler à vélo sur l’autoroute 15 un vendredi soir, doublés par des dizaines de voitures à la minute, et croisant de grands panneaux publicitaires tous les cinquante mètres.

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Voilà notre journée pour descendre à Playa Del Carmen, notre prochain arrêt. A priori, rien ne nous attire dans cette ville hyper-touristique, temple de la consommation de souvenirs de masse sur sa 5è avenue où l’on peut trouver tout, absolument tout, comme souvenir mexicain. Authentique ou breloque, peu importe, ça se vend. Se promener sur la 5è à Playa, c’est (presque) comme déambuler sur Sainte-Catherine à Montréal. Genre. Mais pourquoi diable nous allons là-bas ? À vrai dire, on n’est sait trop bien. Ou plutôt si, pour deux raisons: pour la divine plage de sable incroyablement fin, et pour rencontrer Clara, notre très sympathique hôtesse Warmshowers et ses chiens, chez qui nous allons rester deux jours. Et donc pouvoir profiter de la plage.

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La quête

De Playa, commence alors la quête de la plage parfaite, plus au sud. Notre objectif, en fait : trouver un coin pour camper au bord de la mer. Autant chercher une aiguille dans une vingtaine de bottes de foin. C’est bien simple : tout le long de la route, nous roulons entourés de forêts, à environ 1 km de la côte. Mais celle-ci est plutôt inaccessible : propriété privée. Fils barbelés, vigiles… Plutôt invitant. Les rares endroits où l’on peut rejoindre la mer sont quelques plages privées. Oui, on peut y camper. Parfois. Pour un prix exorbitant. Hop, en selle. Finalement, sur les 80 km séparant Playa Del Carmen de Tulúm, nous n’avons trouvé qu’un endroit pour camper, et encore, pas sur la côte. C’est raté pour dormir au bord de l’eau.

Mais nous ne sommes pas déçus car nous dénichons un petit coin parfait près d’un cenote, tenu par une famille Maya. Et nous voilà à l’abri sous un palapa, profitant du cenote et découvrant au passage certains des artefacts religieux mêlant syncrétisme et christianisme dans un curieux mélange.

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Petit coin de paradis

C’est finalement Tulúm qui nous réconcilie avec la côte mexicaine. Nous nous en doutions un peu, beaucoup nous en avaient vanté les charmes. En fait, il y a deux Tulúm : le village, le long de la route principale, 2 km en retrait de la côte ; la zone d’hôtels, qui s’étend sur 10 km de plages et criques paradisiaques. Sauf qu’ici les hôtels ont plus de cachet qu’à Playa ou Cancún : ils sont plus petits, proposent des cabañas et quelques emplacements de camping. Fiou. Mais comme nous comptons rester quelques jours sur place, camper nous tente moyennement, puisque nous ne voulons pas laisser notre matériel sans surveillance lorsque nous serons partis en balade. Restent les cabañas. Dont la plupart demeurent, encore et toujours, hors de notre budget.

Et voilà que nous découvrons, niché entre deux hôtels, quelques cabañas rudimentaires et une petite maison de pêcheur attenante. Bienvenue chez Fidel, né sur place, pêcheur à ses heures, buveur de bière le reste du temps, qui nous louera l’une de ses cabañas pour une bouchée de pain. Oh, il n’y a pas de plage de sable blanc ici, mais une toute petite crique qui fait parfaitement l’affaire : passé les premiers mètres de galets, c’est un fond sablonneux qui nous attend sur plusieurs dizaines de mètres d’eau turquoise. Le voilà, notre coin parfait.

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Deux jours à ne rien faire d’autre que relaxer, regarder la mer de notre hamac et s’y baigner lorsqu’il fait trop chaud (on commence à être forts dans ce domaine).

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L’école reste quand même au programme, avec vue sur la mer, bien sûr…

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Emma est d’ailleurs plutôt occupée ces jours-ci. Dès le lever du soleil, comme une ombre en culotte, elle suit Fidel qui part pêcher dans les rochers avec un simple fil, un plomb et un hameçon. Et qui bien sûr lui montre comment faire et lui donne sa propre bobine prête à l’emploi. Il n’en faut pas plus pour la rendre heureuse.

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Et elle apprend vite, la demoiselle : à son premier essai toute seule, il n’a pas fallu dix secondes pour qu’elle lève un beau petit poisson, fière comme tout.

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Les jours suivants, aux aurores, elle repartira pêcher seule, avant d’expliquer à maman comment faire pour pêcher.

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Temples avec vue sur la mer

Tulúm, c’est aussi les fameuses ruines que l’on voit sur toutes les brochures touristiques du Mexique. Et si, architecturalement parlant, les ruines ne valent pas forcément le détour, leur emplacement au bord de l’eau en fait un endroit idyllique et incontournable.

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Heureusement en tout cas que nous y sommes allés tôt car, comme à Chichén Itzá, après 10 h les visiteurs entrent par bus entiers.

Nous ne pouvons pas quitter Tulúm sans aller faire un petit tour sur la plage d’Xcacel, où viennent pondre chaque été des centaines de tortues vertes et caouannes. L’endroit est protégé et géré par un organisme officiel de conservation accueillant des volontaires, que nous avons contacté. Malheureusement ils n’acceptent pas les enfants pour travailler, mais nous pouvons tout de même passer un soir pour assister à une remise de bébés tortues à la mer, ce que nous faisons avec plaisir ! Il faut voir ces petites patauger comme elles peuvent, de la plage à l’océan pour partir vivre leur vie et, avec beaucoup de chance, peut-être revenir pondre ici même d’ici quelques années. Bonne chance ! Un moment émouvant.

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Tulúm, c’est enfin l’extrémité sud de la Riviera Maya. Plus au sud, la lagune reprend ses droits et la côte redevient sauvage et tranquille. C’est l’occasion de mettre le cap sur la laguna Bacalar, ou lagune aux sept couleurs, pour les sept tons de bleus que prend l’eau selon la profondeur ou le moment de la journée. Pour s’y rendre il nous faut par contre couvrir 250 km de route droite et déserte au milieu de la jungle. L’occasion pour Emma de pulvériser son record de distance parcourue en une journée, avec 109 km. Une vraie machine. Une bonne crème glacée était clairement méritée !

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Nous avons aussi l’occasion de nous arrêter dans de petits village isolés et de camper pour rien du tout au bord des lagunes.

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Bacalar aux sept couleurs

Oh que nous avons bien fait de nous arrêter à Bacalar. Ce petit village est décidément parfait pour y rester bien plus longtemps que prévu. Tranquille car n’étant pas sur la fameuse Riviera et ne donnant pas sur la mer, il garde du coup tout son charme, et reste très abordable. Quant à l’eau… En plus d’être effectivement de plusieurs couleurs, elle est en plus incroyablement chaude, la lagune n’étant pas plus profonde que deux mètres. Et nous trouvons un endroit où camper au bord de l’eau. Enfin ! Hop, deux jours sur place.

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Le Noël d’Emma

Et nous voilà à Chetumal. Dernier arrêt mexicain, la fin d’un voyage. Pas grand-chose à voir ici, la ville n’a pas vraiment d’intérêt. Mais nous nous y arrêtons pour une bonne raison : Emma a reçu un nouveau vélo ! Et elle l’a tant mérité. Là voilà à présent avec un tout nouveau vélo, plus grand, avec plus de vitesses, parfait pour la poursuite de nos aventures. Elle est tellement fière ! Et si elle a reçu un tel cadeau c’est encore et toujours grâce à la générosité et la confiance de notre partenaire principal, MEC, sur qui nous avons toujours pu compter depuis le début de notre aventure. Merci encore !

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Qui dit nouveau vélo, dit donc adieu au premier vélo, non sans émotion. Nous ne sommes pas matérialistes, mais nous ne serions jamais arrivés ici sans ce petit vélo vert qui n’a jamais défailli tout au long de ces 12 000 km. Et oui, c’est encore un vélo de MEC. Le FollowMe aussi nous fait ses adieux, il ne nous est plus utile à présent, mais lui aussi nous aura permis de voyager sereinement.

Chez nos hôtes Aquiles et Alicia, de Warmshowers, nous pouvons rester deux jours pour finaliser notre étape mexicaine : quelques achats pour les vélos, le paiement de nos visas, et nous voilà prêts à partir pour une nouvelle étape. Nous leur laissons aussi le petit vélo d’Emma et le FollowMe, ils se chargeront de les donner à un enfant dans le besoin. Merci de votre accueil les amis !

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Hasta luego !

Pour nous le Mexique se termine ici et aura été une longue mais superbe belle aventure. Nous y aurons passé cinq mois et aurons découvert au cours des 5 000 km parcourus une variété et une richesse dans les paysages, le patrimoine, l’histoire et les rencontres que nous n’aurions jamais soupçonnées. C’est avec un petit pincement au cœur que nous quittons ce beau et grand pays, si vivant, sur lequel nous reviendrons bientôt dans ce blogue.

À présent, place au Belize ! Et autre plongeon vers l’inconnu, car nous n’avons vraiment aucune idée de ce qui nous attend dans ce petit pays…

3 avis sur « Riviera Maya: le meilleur pour la fin ? »

  1. Que de merveilles et de débrouille encore et toujours. Vous me donnez à lire un Mexique qui est devenu bien différent de celui que j’aurai connu au cours des années 85-90. Surdéveloppé et relativement difficile de fréquentation pour les baroudeurs qui fuient les trappes à touristes. On empêche pas le progrès… Mais comme vous avez l’œil et la patience, vous finissez par dénicher les dernières perles rares qui donnent envie de soleil, de baignades dans les cénotés et d’aventure.

    Bravo pour les 109 km d’Emma sur sa nouvelle monture. Et je salue la maîtresse d’école qui ne perd pas une seule occasion de faire l’école sablière.

    J’aime surtout votre fin de voyage au Mexique qui s’ouvre sur l’imprévu et sur la confiance en vos ressources : on verra bien ce que le Bélize aura à nous offrir !!!

    Avec une telle attitude, il ne peut que vous arriver la suite exaltante de votre périple que je suis avec l’intérêt de la découverte, à chaque reportage renouvelé.

    Hasta Luego

  2. Bonjour,
    Que de plaisir de vous lire a nouveau. Ici, a Montréal, l’automne tire a sa fin et l’hiver ne saura tarder. Bref, je voulais savoir si vous aviez les coordonnées de ces petites cabanas que vous avez loué, elles sont bien jolies. Et, parfait pour une escapade au chaud!
    Lysanne

  3. Lysanne, les cabañas se trouvent sur la route des hôtels longeant la côte, à Tulúm. Lorsque vous rejoignez la route depuis le village, tournez à gauche et à peine 1 km plus loin vous les trouverez, coincées entre l’hôtel Diamante K et les Cabañas Playa Condesa. Par contre ne vous attendez pas à beaucoup de confort, les cabañas sont très spartiates: un lit, une moustiquaire, c’est tout. Pas de moustiquaire à la fenêtre, salle de bain partagée dans un bâtiment à part, eau froide… Nous on aime comme ça mais peut-être pas tout le monde. En hiver, Fidel nous dit qu’il loue surtout à des amis et connaissances indirectes et il n’y a pas moyen de le contacter, il n’a pas de téléphone. Il faut donc se présenter sur place. Par contre, hors saison il n’y a personne. Quant à Diamante K et Playa Condesa, ce sont deux très bonnes options aussi, pas très chères.

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