Blogue / Mexique

Yucatán, au coeur du monde Maya

Attention les yeux, les prochains jours s’annoncent chargés en pierres sacrées : nous arrivons au Yucatán, le cœur de l’empire Maya!

Alors que nous quittons Campeche nous retrouvons les routes tranquilles de la campagne. C’est aussi ça l’avantage d’un relief plat : nous pouvons nous permettre de quitter les grosses routes pour flâner sur les routes secondaires désertes, elles ne sont pas plus raides !

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Elles sont, par contre, tout aussi rectilignes et ronflantes de monotonie, mais au moins nous avons la route pour nous et nous croisons de nombreux petits villages.

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Nous avons aussi la surprise de découvrir que de nombreux Mennonites allemands et canadiens se sont installés ici depuis plusieurs générations. Surprenant de voir ces fermiers en salopettes et chapeaux de paille et leurs femmes en chignons et longues robes, parmi les campesinos locaux. Même ici, nous retrouvons la rigueur allemande dans les champs taillés au cordeau, un autre monde comparé aux champs anarchiques mexicains.

Kabah

Deux jours plus tard, nous découvrons rapidement un premier site archéologique majeur, Kabah, intéressant pour avoir été sous le contrôle Chac, une dynastie à l’origine de la chute du règne Maya, au moins dans la région. Arrivant en fin de journée sur place, nous avons le site presque pour nous, sous un ciel orageux qui heureusement ne crèvera pas tout de suite. Emma, fidèle à ses habitudes, prend stylo et carnet pour une série de croquis.

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Uxmal

Kabah est une excellente mise en bouche avant l’un de nos coups de cœur en termes de ruines mexicaines : le site Maya d’Uxmal, que nous découvrons le lendemain. Établi dans une région collineuse, ses temples sont incroyablement bien préservés et d’une richesse dans les sculptures que nous n’avons pas retrouvés ni avant, ni après, même à Chichén Itzá.

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Un site majeur et très diversifié que nous ne regrettons pas d’avoir visité en bonne compagnie d’ailleurs, puisque les iguanes étaient pas dizaines à se faire bronzer sur les vieilles pierres.

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Viva Mexico !

C’est à Santa Elena, un petit village où nous logeons à quelques kilomètres d’Uxmal, que nous célébrons la fête Nationale mexicaine qui a lieu ces jours-ci. Comme le veut la tradition et comme partout ailleurs ce jour-là, les enfants des écoles défilent, accompagnés de la fanfare locale et des personnes âgées du village. Une joyeuse parade tout en couleurs, malheureusement interrompue à plusieurs reprises par la pluie, à laquelle nous sommes tout de même ravis d’avoir assisté.

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Au petit matin, nous quittons Santa Elena et les collines envahies de brume pour arriver sous le soleil dans la grande plaine du Yucatán, accueillis par une pompeuse grande arche sur la route. Au moins nous sommes sûrs de ne pas nous tromper de chemin…

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Los cenotes

Nous découvrons aussi en chemin les cenotes, ces dépressions d’eau dont le sol calcaire de la péninsule est truffé. On en recenserait plus de 6 000 ! Et si beaucoup d’entre eux se retrouvent sur la côte Caraïbe, il y en a quelques-uns aussi dans le coin. Selon leur degré d’ancienneté, certains sont à plusieurs mètres de profondeur, alors que d’autres encore ressemblent plus à de petits lacs. Sacrés pour les Mayas car considérés comme des portes d’entrée dans l’inframonde, tous sont remplis d’une eau cristalline et fraîche dans laquelle on peut se baigner et même y plonger, entouré de petits poissons dans un environnement minéral et végétal magique. Certains cenotes ont été récupérés pour devenir des parcs d’attraction, avec tyrolienne, lumières sous-marines et autres gadgets pour touristes en mal de sensations, mais d’autres ont gardé leur caractère initial tranquille. Nous avons la chance de découvrir l’un de ces derniers, le Cenote Yokdzonot, et d’y nager seuls, au milieu des racines plongeant dans l’eau rafraîchissante. Quel bonheur après une journée de vélo sous le soleil !

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La merveille

Quelques dizaines de kilomètres plus loin nous atteignons enfin l’attraction phare du Mexique, l’une des sept nouvelles merveilles du monde, Chichén Itzá. La superstar est-elle à la hauteur de sa réputation ? Pour le savoir nous partons à la découverte du site dès son ouverture : nous sommes les premiers et avons la chance de déambuler seuls, ou presque. Quel bonheur, avant l’arrivée des bus qui arriveront par dizaines quelques heures plus tard !

Alors ce site ? Vaut-il le coup ? Oui ! Chichén est un endroit très varié et extrêmement bien préservé. Sa pyramide, ses mille colonnes et son observatoire sont autant d’occasions de mieux appréhender concrètement la culture Maya. Mais de tous les monuments sur place, notre favori reste « l’église », un bâtiment dont la construction plus ancienne se rapproche de ce que nous avions vu à Uxmal. Superbe.

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Quittant Chichén Itzá, nous décidons de nous rendre dans un autre cenote, histoire de se rafraîchir de nouveau. Grave erreur. Nous aurions dû nous en douter, le cenote Ik Kil est beaucoup trop proche de Chichén pour garder son authenticité. Et nous voilà au milieu de bus de touristes jouant à Tarzan dans le cenote, criant, buvant… Au secours ! Nous voilà refroidis pour un bout de temps. Et dire que nous avons payé pour ça… Tant pis, nous choisirons mieux la prochaine fois !

Valladolid

Le soir nous rejoignons Valladolid, troisième plus grosse ville de la péninsule mais qui a su garder un caractère tranquille et coloré. Nous décidons de nous y poser deux jours pour les obligations d’usage : lessive, blogue, mécanique, douche, courriels…

Cette ville coloniale nous plaît bien et nous en arpentons les rues avec plaisir, son marché, ses rues aux tons pastels, sa place et sa cathédrale…

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Nous en profitons aussi pour immortaliser certaines portes. Oui, on aime bien les portes…

Le temple de San Bernardino, en particulier, nous comble. D’ordinaire fermé, nous avons pu y entrer et découvrir ses murs roses magiques et son petit jardin enchanteur.

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Choc des cultures

Depuis Chichén Itzá nous commençons à ressentir la proximité de Cancún, distant d’à peine 100 km : plus de monde, plus de bus… Nous décidons donc de fuir la route principale pour prendre de petites routes secondaires qui s’avèreront être en fait de pe-pe-tits-tits che-che-mins-mins ca-ca-ho-ho-teux-teux pleins de charme ! Mais nous ne regrettons pas notre choix, car nous découvrons alors des villages mayas si isolés que nous nous sentons beaucoup plus loin de l’autoroute que nous ne le sommes en réalité, c’est-à dire à quelques kilomètres seulement.

Ici les maisons sont en pisé et les toits couverts de feuilles de palmes et la plupart des gens ne parlent pas espagnol mais maya.

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Dans l’un de ces villages d’ailleurs, alors que Cécile fait du porte à porte pour savoir s’il existe quelqu’un qui pourrait nous héberger pour la nuit, la voilà qui se retrouve en face d’une vieille mamie Maya qui a une chambre à nous proposer mais qui ne parle pas un mot d’espagnol. C’est un petit gars de 7 ans qui fait la traduction ! Et nous voilà à l’abri des moustiques et de la pluie. Un endroit parfait pour passer la nuit. Inutile de dire que notre présence dans le village est un événement, tous les enfants passent devant la maison pour nous voir… Nous avons grâce à eux l’occasion d’apprendre quelques mots de Maya. On ne sait jamais, ça peut toujours servir !

Cancún ? Oh que non !

Nous décidons finalement de ne pas nous rendre à Cancún, pourtant si près. Nous ne voulons pas nous retrouver au milieu d’hôtels énormes sur des plages aseptisées. Par contre, nous sommes curieux de découvrir les plages de la Riviera Maya, que l’on dit paradisiaques. C’est donc au village de Puerto Morelos que nous nous rendons directement, excités de plonger nos petits pieds dans le sable blanc et l’eau turquoise des Caraïbes. Espérons que nous ne découvrirons pas une côte trop dénaturée par les complexes hôteliers envahissants…

8 avis sur « Yucatán, au coeur du monde Maya »

  1. Magnifique et nous aussi on adore vos portes. J’ai bien peur que les plages de Puerto Morelos soit du meme genre, farcies d’hotel et oui nous nous y sommes rendus, quand meme ils ont des hotels qui meritent que vous vous arretiez boire un shirley Temple pour Emma.
    Et Emma n’aurait elle pas perdu une petite dent … quand pourrons nous voir ses croquis?
    Bises from London UK

  2. Vos images illustrent la formidable diversité des différents Mexiques. L’histoire, les cultures qui cohabitent, les paysages hauts en couleurs et les particularités architecturales sont l’objet d’un regard attentif.

    Il y a tant à dire sur les sites archéologiques si variés et si nombreux au Mexique. Ces alignements des temples avec les astres, qui donnent à voir sur les arêtes des marches des escaliers, au moment du changement des solstices, les serpents (symbole de fécondité) se dessiner sous l’effet de l’ombre. Les Aztèques et auparavant les Toltèques, étaient férus d’astronomie. Aussi, leurs temples sont-ils remplis de leurs richesses culturelles particulières.

    Dès qu’une civilisation arrivait par les guerres à en dominer une autre, on s’empressait de construire sur les pyramides des conquis, le nouveau symbole de la civilisation conquérante. Aussi, à Chichen Itsa, on peut accéder par un escalier à l’intérieur du Temple principal (Aztèque), au sommet du Temple ancien (Toltèque) qui culminait par le Tigre aux yeux de jade (symbole du culte de cette civilisation conquise).

    Aujourd’hui, le peuple Maya est en voie d’être totalement assimilé sous le poids de la culture mexicaine. Il leur reste les danses folkloriques, leur langue ancestrale et leurs souvenirs d’une vie marquée par les changements des saisons, les récoltes à célébrer et les naissances qui auront assuré jusqu’à aujourd’hui, leur présence en ces terres.

    Que dire des célébrations des solstices aux sommets des Temples ? Que les Prêtres arrachaient les cœurs des sacrifiés et les présentaient à la foule et aux Dieux afin que les récoltes soient bonnes. Que les Prêtres passaient de nombreuses journées précédant les jours d’offrande en compagnie de vierges droguées. Que l’on immolait au terme de ces cérémonies et précipitait dans les cénotés à proximité des Temples. (Les archéologues ont retrouvé des ossements de jeunes femmes par milliers appuyant ce fait historique).

    Ces jeux où les joueurs devaient faire passer une balle à travers un anneau de pierre inséré dans un mur qui faisait six mètres de hauteur et long comme une patinoire de hockey. Les joueurs de l’équipe perdante étaient décapités. Le jeu devait être enlevé…

    L’imaginaire du voyageur est soumis à des sommets de contemplation en ces lieux mythiques où l’on peut observer la force de la vie en lutte contre les éléments de toutes natures.

    Merci à nos baroudeurs de nous faire redécouvrir, avec un égal bonheur, de telles splendeurs.

    • Merci de dévoiler un peu des mystères de ces civilisations perdues qui, au-delà de tant de soi-disant cruauté, vivaient en contact permanent avec le divin. Un révélation pour nous que d’avoir pu en savoir plus sur les moeurs des civilisation préhispaniques mexicaines et l’histoire trop vite oubliée de leur chute si rapide face à un Hernan Cortez si rusé. Quand on pense qu’Avec seulement 500 hommes et une vingtaine de chevaux il a su réduire à néant des civilisations vieilles de plusieurs siècles et mettre à genoux des populations de plusieurs millions de personnes, en à peine quelques années. Un excellent livre à ce propos est « Le rêve Mexicain » de JMG Le Clézio, relatant cette période fascinante, mais aussi les croyances de ces civilisations.

  3. On arrive de là, 10 jours a Playa Del Carmen. Je peux vous dire que vous avez bien fait d’évité Cancun, c’est touristique à mort. 😦 Il est impossible pour un touriste d’aller seul voir les temples, on aurait du apporter nos vélos et faire comme vous. Mon mari m’a même demander si vous étiez dans le coin mais on s’est manqué d’une semaine. J’espère que vous continuerez vos découvertes. Pour nous le Mexique sera beaucoup plus loin dans le futur, je pense que ca va être pour un autre 12 ans avant d’y remettre les pieds.

    Bonne continuité Nadia

    • Bonjour Nadia, je me permets de réagir à votre message à nos amis du Rêve Nomade en vous demandant, comme la fin de votre message le laisserait entendre, avez-vous détesté votre séjour à Playa del Carmen ? J’y étais de passage en 1985… et c’était un coin vraiment chouette à ce moment. Est-ce devenu un prolongement de Cancun ? Avec plus de touristes au pied carré que de Mexicains vivant leur vie tranquille…

      Salutations à vous et à votre conjoint.

      • Je me permets de répondre pour Nadia, qui pourra compléter si elle le souhaite, bien sûr. Nous ne sommes pas allés à Cancun donc nous ne pouvons pas comparer mais savons que Playa s’est beaucoup développé au cours des 15 dernières années, au point effectivement de devenir un Cancún bis, aux dires de certains. Mais Playa reste aussi une ville mexicaine que l’on retrouve avec plaisir une fois éloignés de quelques rues de la plage. Mais ce n’est certainement plus le Playa des années 80, tu es chanceux de l’avoir vu !

      • François Xavier, je mesure la distance du temps sur les cultures mexicaines visitées avec un bonheur naïf durant les années 85-90. Aussi, à des fins de documentation et de discussion de nature touristique, j’ajoute que lorsque nous sommes sortis de l’avion, nous arrivions alors à Cancun où un groupe de Mexicains nous demande d’où nous venons ? Je leur dis et l’un des amigos crache par terre…

        Même chose à proximité des sites archéologiques de Mexico ; des danseurs folkloriques nous crachent dessus. Je leur avais demandé pourquoi une telle hostilité à l’égard des touristes ?

        Comme tu le sais FX, j’ai travaillé en coopération internationale à l’aide au développement au Brésil. Et j’ai compris que la misère n’engendre que la frustration. Sans avenir, ou face à des difficultés très grandes, les gens manifestent leur résistance à l’envahisseur, qu’ils tiennent responsables de leurs malheur.

        Une fois que l’on a compris cela, les agressions sont perçues comme autant d’appels à l’aide.

        À la lumière des événements qui confrontent la planète et le Canada, en particulier, en ces temps de turbulences idéologiques, je vous dis que les années qui se sont écoulées entre ma présence en terre mexicaine et la vôtre, ne changent rien à la donne socio-politique. Et que l’entraide internationale constitue la solution aux disparités socio-économiques. Bien davantage que la guerre en marche des gouvernements occidentaux.

        Comment y participer demeure la question pragmatique ? Quelle est ma contribution à une vie meilleure qui sache unir les peuples, vers les changements souhaités ? Je crois que votre périple participe à ce questionnement.

        Bonne continuation.

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