Mexique

Mexico la grande, Puebla la gourmande

Alors que nous donnons nos premiers coups de pédale dans Mexico et rejoignons le centre-ville, d’ores et déjà nous avons le sentiment que cette ville que l’on dit gigantesque, polluée et dangereuse, sera tout autre à nos yeux.

Au-delà des clichés

Gigantesque, elle l’est bien sûr. Vingt millions d’habitants, ce n’est pas rien, et la circulation est intense sur les routes. Pourtant nous réalisons rapidement qu’à vélo, à condition de prendre les bonnes rues, ce n’est pas si pire, d’autant que nous avons la bonne surprise de voir que de nombreuse pistes cyclables sillonnent la ville, qui a aussi son propre réseau de vélos en libre-service, EcoBici.

EcoBici

C’est donc en relative sécurité que nous rejoignons Roma Norte, le quartier de nos hôtes Warmshowers Sethaly et Juan, qui nous hébergeront pour les trois prochains jours. Première surprise : ici nous avons l’impression d’être à Montréal ou San Francisco, tant les petits restos, cafés et faune hipster pullulent dans les rues tranquilles. Ici, comme dans les quartiers Condesa et Polanco, nous sommes loin des ambiances coloniales et latines et, étrangement, ça nous fait du bien de nous retrouver ici, même si nous ne faisons que passer devant tous ces restos dont les prix n’ont rien à envier à ceux de Montréal ou de Paris…

Sethaly et Juan sont extrêmement gentils avec nous et nous inondent de conseils d’endroits à visiter à Mexico. À les écouter nous resterions ici plusieurs semaines !

Nous décidons de passer notre première journée au Papalote, le musée pour enfants de Mexico, un véritable paradis pour Emma, qui passe plusieurs heures à faire des expériences interactives, des découvertes ludiques, des activités artistiques… Elle ne voit pas le temps passer, et nous non plus !

 

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Révisons nos classiques

Nous consacrons le jour suivant à la visite du musée de l’anthropologie, l’un des plus grands du monde et un incontournable pour qui veut mieux connaître les civilisations mésoaméricaines. Avec ses 21 salles dédiées au Olmèques, Aztèques, Toltèques, Mixtèques, Zapotèques et Mayas, entre autres, ce musée est une vraie mine d’or et nous permet de mieux comprendre l’histoire du Mexique préhispanique, si riche et passionnante, tant ces civilisations étaient avancées et développées, vivant en contact permanent avec leurs Dieux, à l’origine des plus atroces sacrifices comme des plus belles œuvres d’art. La visite de ce musée si dense est pour nous une excellente introduction aux nombreux sites préhispaniques que nous devrions visiter au cours des prochaines semaines.

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Enfin, le musée présente également un aperçu des nombreuses populations indigènes actuelles, descendantes des civilisations préhispaniques, qui tentent toujours de faire perdurer leurs traditions ancestrales, non sans mal. Une très belle et précieuse visite que ce musée, vraiment. Quant à Emma, toujours munie de son carnet de dessins, elle trouve de l’inspiration partout.

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Après déjà trois jours, nous quittons Sethaly et Juan pour aller loger chez Julieta, la nièce d’une amie que nous avions rencontrée à Ventura en Californie. Julieta habite en plein centre-ville, une toute autre ambiance. Seul au septième et dernier étage d’un petit immeuble, son appartement est entouré de hauts buildings et idéalement placé pour visiter le centre historique tout proche. C’est aussi un vrai paradis pour Emma car Julieta, qui travaille pour Disney, possède à peu près tous les DVD des films de Disney. Imaginez les étoiles dans les yeux d’Emma…

Grandiose Teotihuacán

Avant d’aller visiter le centre-ville, nous décidons d’abord de mettre en pratique nos connaissances fraîchement acquises au musée d’anthropologie et allons visiter le majestueux site de Teotihuacán, quelques 50 km au Nord de Mexico. Bien avant l’empire Aztèque, cette ville Toltèque fut le centre politique, économique et militaire du Mexique central, dont l’apogée se situa entre 250 et 600 après JC. Avec ses pyramides du Soleil (la troisième plus grande du monde, derrière celles de Chéops et de Cholula) et de la Lune, son temple de Quetzalcóatl et sa citadelle, cet endroit est vraiment grandiose. À tel point que lorsque les Aztèques découvrirent cette ville, près de 800 ans après sa chute, ils furent impressionnés par tant de maîtrise architecturale et artistique.

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À marcher parmi les ruines des nombreux temples, difficile de croire que vivaient ici plus de 100 000 personnes qui ont bâti tant d’édifices sans aide animale, sans clous, sans roues. Emma, elle, se raconte des histoires de princesses Olmèques au détour des maisons et des temples que nous visitons, et remplit son carnet de dessins de pyramides.

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Au cœur de la vi(ll)e

De retour à Mexico, nous décidons le lendemain de nous rendre enfin dans le centre-ville historique de la ville, qui regorge de bâtiments, de musées et d’églises magnifiques.

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Ici, tout est plus gros, plus grouillant, plus vaste que dans toutes les autres villes mexicaines que nous avons vues jusqu’ici. Nous ressentons aisément qu’ici est le cœur battant du Mexique, en particulier sur le Zocalo, l’immense place principale de la ville, où se sont déroulés pratiquement tous les évènements politiques ou sociaux qui ont fait l’histoire de ce pays. Le Zocalo est bien sûr l’épicentre du Mexico touristique, avec ses marchands en tous genres et danseurs folkloriques, qui font le spectacle.

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Le centre-ville, c’est aussi le Templo Mayor, le cœur de Tenochtitlán, la ville qui fut la capitale de l’empire Aztèque jusqu’à sa destruction par les espagnols de Cortéz vers 1530. Selon la légende, la ville fut fondée à l’endroit exact où les aztèques virent un aigle dévorer un serpent sur un cactus, sur l’une des îles de l’immense lac qui occupait à l’époque toute la vallée de Mexico, asséché depuis pour devenir la mégalopole que l’on connaît. L’aigle, le serpent et le cactus sont d’ailleurs toujours sur le drapeau mexicain, une reconnaissance de l’identité mexicaine qui doit beaucoup à la civilisation Mexica.

Le Palacio Nacional est un autre haut-lieu à visiter, sur le Zocalo, surtout pour ses nombreuses murales du fameux peintre Diego Rivera, retraçant l’histoire Mexicaine depuis l’empire Mexica à nos jours. Une leçon d’histoire grandeur nature.

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Mais Mexico, c’est avant tout un concentré de la vie mexicaine, qui se passe d’abord dans la rue, avec ses mille et un petits métiers, ses sons, ses odeurs, sa musique, sa densité. Pas de tout repos, pas toujours ordonné, mais tellement vivant.

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Les magasins aussi valent le détour, surtout ceux de robes soirées, qui attirent particulièrement Emma…

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Décidément, Mexico nous aura surpris au cours des sept derniers jours et nous ne regrettons pas une seconde de nous y être arrêtés, et à présent pouvons comprendre un peu mieux l’identité et l’histoire mexicaine. Mais nous ne pouvons pas quitter la capitale sans faire un détour par la maison natale de Frida Kahlo, devenue le musée le plus couru de la ville, et pour cause. Dans cette maison où elle naquit et mourut, nous avons pu mieux connaître, au-delà de ses œuvres, la vie tourmentée et tragique de cette artiste centrale du 20è siècle. Particulièrement fascinée, Emma fut intarissable de questions et s’en est donnée à cœur joie pour croquer Frida dans son carnet de voyage, le soir venu.

Journal

Nous quittons Mexico et notre amie Julieta avec un mélange de plaisir et de tristesse, puis nous dirigeons vers la gare routière. Nous avons décidé de prendre de nouveau le bus pour rejoindre Puebla, car entre les deux villes la circulation est vraiment très intense. Deux heures plus tard, de l’autre côté des volcans, que nous ne verrons pas, trop loin, dans la brume, nous voici arrivés à Puebla. Gros coup de cœur.

Puebla, coup de cœur gastronomique

Nous débarquons chez nos hôtes Warmshowers Karen et José, qui nous invitent à rester chez leur amie Alma, chez qui nous aurons plus de place. Nous allons ensuite découvrir le centre-ville de cette autre cité classée au patrimoine mondial de l’Unesco, non seulement pour son patrimoine colonial, mais aussi pour sa cuisine. Côté pierres, nous découvrons une très belle ville dont beaucoup de maisons ont leurs murs recouverts de tuiles de céramique, magnifiques.

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La cathédrale, la plus haute d’Amérique latine, est imposante, mais pas autant que la Capilla del Rosario, dans le temple de Santo Domingo, dont l’intérieur est complètement recouvert d’or pur. Nous pourrions croire que c’est lourd, c’est en fait très beau, finement ouvragé. Et si en plus nous découvrons l’endroit lors d’un mariage…

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Côté cuisine, Puebla nous surprend par de nombreux plats que l’on trouve rarement, ou jamais, ailleurs au Mexique. Il y a bien sûr le fameux mole pueblano, sauce chocolatée au dizaines d’épices, onctueuse à souhait, mais aussi, seulement en été et seulement à Puebla, le Chile en Nogada, un poivron farci de viande, pèches et de fruits séchés, recouvert d’une crémeuse sauce aux amandes et parsemée de graines de pomme grenade. Décadent.

Nous passons la journée suivante avec Karen et José, qui nous emmènent à Atlixco, une petite heure à l’ouest de Puebla. Une très belle petite ville très fleurie sur les flancs du volcan Popocatépetl, que nous ne verrons toujours pas, la tête dans ses nuages. José est une véritable encyclopédie et nous explique tout de l’histoire, la politique et la culture de la région. Nous sommes preneurs !

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De retour à Puebla, José nous guide ensuite à travers les rues et les marchés artisanaux pour nous en dévoiler les secrets. Merci pour tant de générosité !

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Enfin, nous quittons Puebla et remontons en selle après presque deux semaines de repos et de visites. La nouvelle n’est pas des plus réjouissante pour Emma, qui montre beaucoup de résistance. Pas facile de pédaler après tant de repos ! Petite récompense, toutefois, qui mettra Emma de bonne humeur pour le reste de la journée : en quittant Puebla, nous apercevons enfin, dans nos rétroviseurs, le Popocatépetl qui se dessine au loin… Il aura mis du temps à se dévoiler, mais nous l’aurons finalement vu !

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Direction à présent le Sud du Mexique, à la découverte des régions que beaucoup considèrent comme étant les plus belles et les plus authentiques du pays, à commencer par Oaxaca, dont la ville du même nom se situe 350 km au sud de Puebla de l’autre côté de la Sierra. Nous avons hâte de découvrir tout ça. En route !

5 avis sur « Mexico la grande, Puebla la gourmande »

  1. Fantastique ces pyramides ! Merci de nous faire partager ces impressions. Merci pour les photos splendides ! Et bravo à Emma pour ses dessins !

  2. Wow! Wow! Wow! C’est magnifique! Le récit, les images, les anecdotes! Tout m’enchante et m’émerveille! Bravo à vous trois!

  3. Salut les nomades,
    super sympa de vous retrouver sur les routes !

    Je suis ravi que vos hôtes soient tous aussi agréables, quelle chance vous avez de découvrir un pays à travers ses habitants (en même temps quand on vous connaît, qui ne voudrait pas vous accueillir hein ? ;-)…).
    Une fois encore chapeau pour vos aventures, récits et photos, plus un « big up » pour le carnet d’Emma (super joli).
    Par contre une question me taraude l’esprit (je sais je suis curieux), si Emma pédale toute seule, qui tire la remorque désormais ?…

    Biz à vous
    Till et Clo

    • Bon, soyons honnête: c’est Cécile qui tire toujours la remorque… Mais que veux-tu, elle insiste pour la garder ! Et moi ça m’arrange parce pour l’instant j’ai toujours l’excuse de devoir pousser Emma dans les côtes, voire l’attacher à mon vélo lorsque celles-ci sont longues… Mais cela devrait changer au cours des semaines à venir car vu comme Emma progresse chaque jour, nous pensons nous séparer du FollowMe bientôt. Alors je n’aurai plus d’excuse et récupérerai sans doute la remorque. Si Madame veut bien me la laisser, bien sûr. Je n’insisterai pas trop… 🙂

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