Blogue / Mexique

Deux joyaux coloniaux

Nous y voilà, au cœur du Mexique colonial, où les églises, places ombragées et maisons richement ouvragées sont légion. Peu de vélo ces jours-ci, place à la découverte et au régal pour les yeux.

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Guanajuato aux mille couleurs

Ce qui surprend d’abord en arrivant à Guanajuato, c’est la multitude de couleurs que ses maisons arborent fièrement. Partout où l’on se trouve, où que notre regard porte, ce ne sont que des touches de couleurs vives qui grimpent à flancs de montagnes.

Fondée en 1559 et tirant son existence de l’exploitation des richesses minières, principalement l’or et l’argent, issues des montagnes au creux desquelles elle est nichée, Guanajuato est aussi un vrai musée à ciel ouvert, ses nombreux bâtiments coloniaux, églises et places ombragées rivalisant de beauté pour notre plus grand plaisir.

Cerise sur le gâteau, c’est aussi d’ici (entre autres) qu’est né le mouvement pour l’indépendance mexicaine, au début du 19è siècle, au point que la ville fut, pour un temps, la capitale du Mexique. Une histoire forte donc, et des lieux symboliques qui renforcent la place particulière que représente cette ville dans le cœur des mexicains.

Comme à notre habitude, c’est dans un hôtel familial que nous avons décidé de louer une chambre. Le luxe n’est pas ici, mais l’ambiance et la vue, oui.

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Seuls gringos au milieu des vacanciers mexicains, nous adorons être plongés dans ces quartiers populaires grouillants. À deux minutes de nous, le mercado nous propose mille et une saveurs au milieu des échoppes où l’on peut trouver (presque) tout ce que l’on cherche. Tout autour, c’est un vrai dédale de rues bruyantes et parfumées, où nous aimons nous perdre pour mieux nous imprégner de la ville au cours des trois jours qui viennent.

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Mais c’est le centre-ville qui nous attire, comme un aimant. Au détour de ses rues pavées sinueuses, les places succèdent aux églises, les bâtiments officiels aux théâtres.

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Au cours des trois jours que nous passons dans la ville, nous prenons le temps de visiter quelques musées, dont la maison natale de Diego Rivera, l’un des artistes mexicains les plus emblématiques, célèbre notamment pour ses fresques murales.

Nous aimons nous rincer l’œil dans les nombreuses boutiques de céramique dont Guanajuato est l’un des fers de lance. Dans l’une d’elles, particulièrement belle, Emma repère une jolie poupée de chiffon et commence à jouer avec, alors que nous discutons avec la gérante de l’endroit. Au moment de partir, cette dernière nous surprend en insistant pour offrir la poupée à Emma. Son motif ? Elle a été touchée de voir Emma jouer avec la poupée, alors que tant de petites filles lèvent le nez dessus, lui préférant leurs Barbies modernes… Gracias, Madame !

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Nous ne pouvons quitter Guanajuato sans monter au belvédère surplombant la ville. Celui-ci nous récompense d’une vue magnifique sur la ville et les montagnes alentours, qui achèvent de nous séduire. Décidément, c’est un véritable coup de cœur pour cet endroit qui a su garder, malgré son indéniable statut touristique international, son identité mexicaine authentique.

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Tout est dans la tête

Après trois très belles journées, nous quittons Guanajuato pour rejoindre San Miguel de Allende, autre joyau colonial, distant de quelque 80 km. Entre les deux villes, pas ou peu de villages, et une belle longue côte durant la première moitié du chemin. Au cas où, nous avons prévu le nécessaire pour bivouaquer en chemin, selon la forme d’Emma. Mais il s’avère finalement que la côte, aussi longue soit-elle, est suffisamment douce pour que nous ne nous rendions presque pas compte que nous grimpons au fil des collines. Le secret, pour maintenir le moral d’Emma, est une ruse vieille comme le monde : lui faire penser à autre chose. « Dis-moi Emma, elle serait comment la maison de tes rêves ? »… Et la voilà partie à nous raconter en détails sa maison idéale, papotant sans arrêt et grimpant sans s’en apercevoir. Et vers midi, nous voilà arrivés au sommet, la fin de la journée n’étant qu’une longue descente qui nous mène à San Miguel. Fastoche.

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San Miguel, trop belle

Arrivés dans les faubourgs de San Miguel nous avons rendez-vous avec Julian, un ami d’Izidro (que nous avions rencontré à Capilla de Guadalupe il y a quelques jours). Julian accepte avec grand plaisir de nous héberger durant quelques jours, le temps que nous visitions la ville et ses environs. Mais puisqu’il habite à quelques kilomètres de la ville, il nous propose mieux encore : aller nous poser chez sa mère, Delia, qui elle habite à quelques coins de rue du centre-ville. Autant dire que sa maison est idéalement placée. Il l’appelle donc, lui apprend notre existence et celle-ci accepte, à la dernière minute, de nous héberger. Une autre très belle rencontre, qui nous permettra de mieux connaître l’endroit, son histoire, et sa réalité.

Car San Miguel est une ville magnifique, certes. Peut-être encore mieux préservée que Guanajuato. Plus proprette.

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Un peu trop à notre goût, pour être franc. Là où Guanajuato séduisait par son kaléidoscope de couleurs, ici les rues sont plus homogènes : politique de la ville oblige, les maisons ne doivent être peintes que dans les tons jaunes, ocres ou rouges, ce qui donne à la ville une unité qui n’est pas désagréable, certes, mais un peu monochrome à la longue. Surtout, cette ville a été récupérée depuis de nombreuses années par les nombreux gringos qui ont été séduits par l’endroit et s’y sont installés, au point de posséder la majeure partie du patrimoine immobilier, provocant une montée du coût de la vie que ne sont pas capables d’assumer nombre de mexicains résidant ici. C’est en fait une ville double face : gringos et mexicaine. Pour les uns les cafés biologiques, le Starbucks, les hôtels chics, le Festival International du Film (en anglais) et les maisons propres et magnifiques, reconnaissons-le. Pour les autres, aux alentours du centre, le mercado, les tacos, les parfum, le bruit, la vie.

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Si la ville est indéniablement belle et probablement très bien préservée grâce à l’argent et aux efforts de conservation initiés par la population américaine présente sur place, nous lui préférons tout de même Guanajuato, plus vraie et ayant su, à notre avis, mieux gérer le dilemme entre développement touristique et préservation de l’identité locale. Bien sûr, nous n’aurions sans doute pas pu réaliser ces points si nous n’avions pas vécu chez Délia et Julian. Un autre avantage, s’il fallait le mentionner, de résider chez l’habitant. Aucun hôtel ne procurera jamais autant de bénéfices !

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Durant notre séjour à San Miguel nous en profitons pour aller nous baigner dans l’une des nombreuses sources chaudes de la région, une journée particulièrement appréciée des filles.

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Julian nous emmène aussi au jardin botanique de SanMiguel, situé sur les hauteurs de la ville, un très bel endroit où nous pourrons découvrir de nombreux spécimens de cactus et autres plantes grasses dans leur habitat naturel. C’est quand même bien mieux qu’au Jardin Botanique de Montréal !

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Querétaro, un peu trop gros

Trois jours après notre arrivée, nous quittons San Miguel et nos si sympathiques hôtes Delia et Julian, qui ont été si gentils et généreux envers nous. À présent, direction Querétaro, dernière étape de notre « tournée coloniale », que nous rejoignons après une journée de vélo surtout passée en descente. L’approche de la (très grosse) agglomération s’avère toutefois tout sauf un plaisir : rouler sur une route à deux fois trois voies, on a vu mieux. Une fois n’est pas coutume, nous décidons d’attacher Emma à mon vélo, pour plus de sécurité, et nous rejoignons notre hôte du jour, Aurélien, ou une autre belle histoire, fruit du hasard des rencontres: en janvier dernier, nous avions rencontré un soir un jeune français, Guillaume, à Baja, et sympathisé avec lui. Celui-ci ayant parlé de nous à ses parents, amateurs de cyclotourisme, ils nous ont écrit pour nous recommander de contacter à notre tour leur autre fils, Aurélien, vivant à Querétaro. Et nous voici arrivés chez ce dernier, pour deux jours. Après, vous ne pourrez pas dire que le monde n’est pas petit… Nous passerons un séjour très agréable, Aurélien nous en apprenant beaucoup sur Querétaro, la culture et les moeurs mexicaines, pas si faciles à décoder… Merci pour tout !

Prochain arrêt… Mexico

Nous restons peu de temps à Querétaro, juste le temps de visiter le centre-ville, très joli mais sincèrement moins séduisant que San Miguel ou Guanajuato.

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Surtout nous réservons nos billets de bus pour Mexico, distante de quelque 250 km, notre prochaine étape. Après maintes réflexions nous avons en effet décidé d’y passer quelque temps. On ne peut pas faire l’impasse sur une capitale, aussi gigantesque soit-elle, si l’on veut comprendre un pays. Par contre, on peut éviter de s’y rendre en vélo et de se payer la traversée de ses banlieues infinies, c’eût été suicidaire.

Nous voilà donc partis dans un bus tout confort, vélos et bagages dans les soutes, direction le cœur battant du Mexique, qui nous surprendra à bien des égards, brisant bien des idées reçues à son sujet… Ándale !

3 avis sur « Deux joyaux coloniaux »

  1. Oh la la! Que c’est plaisant de vous lire! Et les photos! Magnifiques! On voudrait être à vos côtés! Merci de nous faire partager et vivre ce voyage.

  2. Hello, ça me rappelle des souvenirs…. Guanajuato est une ville magnifique et tellement authentique. Merci de vos belles photos et merci pour le récit.

  3. C est bon de vous savoir de retour sur la route.
    Profitez de chaque seconde,,,

    Marcos de Gatineau.

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