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Escale à La Paz

Nous voici arrivés à La Paz, presqu’au bout de la péninsule de Baja. Devant, c’est l’océan Pacifique d’un côté, la mer de Cortez de l’autre. Si l’on veut continuer, il va nous falloir un bateau. Un voilier, de préférence. 

Après près d’un mois à rouler dans un environnement semi-désertique et croiser des villages aussi isolés les uns que les autres, arriver à La Paz est presqu’un choc. Surtout en voyant le Wal-Mart à l’entrée de la ville. Mais au-delà des centres commerciaux, La Paz c’est surtout une très charmante ville tournée vers la mer, avec son malecón, ses plages et son ambiance portuaire. Une ville vivante aussi, par ses rues animées de jour comme de soir et lui procurant ce cachet qui la rend vraiment attachante.

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La Paz étant considérée comme étant la ville la plus sécuritaire du Mexique, elle attire aussi beaucoup de retraités nord-américains venant y passer leurs hivers, la plupart sur leur voilier, en résidence à la marina de la ville. C’est d’ailleurs là que nous nous rendons, sitôt arrivés à La Paz, pour découvrir et apprivoiser ce monde à part qu’est la voile et tenter de trouver un skipper généreux pour nous faire traverser la mer de Cortez. Nous découvrons rapidement une communauté soudée mais ouverte, de fortes valeurs d’entraide et une passion du voyage qui ne sont pas sans rappeler le monde du cyclotourisme. Autre surprise : nous avons beau être au Mexique, ici on parle anglais. Rares sont les bateaux de passage, mais ils existent. Il suffit de les trouver.

Opération séduction

Rapidement nous réalisons que ce ne sera pas facile de nous trouver un voilier pour rejoindre le continent, la plupart des bateaux restant à la marina. De plus, nous ne sommes pas les seuls cyclotouristes quémandant pour être pris à bord : d’autres s’y sont cassés les dents. Bien sûrs, certains ont réussi à être embarqués, mais la plupart des skippers sont plutôt réticents à prendre à bord des personnes avec peu ou pas d’expérience en voile et un équipement encombrant sur un bateau.

Nous ne nous décourageons pas et partons pour une opération séduction : chaque matin, nous nous rendons à la marina pour le « coffee meeting », nous faisons connaissance avec les marins, passons un appel à la radio locale, discutons, amadouons comme nous le pouvons… Comme souvent, Emma est un atout clé dans notre tactique. Bien sûr nous avons beaucoup d’équipement, trois vélos et une remorque, mais un enfant compense parfois et peut convaincre un skipper de nous prendre… Mais rapidement nous déchantons, car les opportunités sont vraiment rares et les skippers nous le font savoir clairement.

Nous faisons tout de même de belles rencontres, dont Dennis et Donna, deux agriculteurs d’Alberta passant leurs hivers à Baja, sur leur bateau de 34 pieds. Qui a dit que l’agriculture était un travail à plein temps ? Nous sympathisons rapidement et Dennis nous invite à venir naviguer pour la fin de semaine sur leur bateau : avec joie ! Rendez-vous dans quelques jours…

Lors d’une autre matinée de jasette, je remarque un homme prenant en photo notre annonce sur le babillard. Je l’approche : « Je suis sans doute la personne que vous voulez rencontrer ? » Ron me confirme qu’effectivement il cherche un équipage pour traverser la mer de Cortez. Bingo ! Nous nous retrouvons l’après-midi sur son bateau, un magnifique voilier de 45 pieds, et faisons connaissance avec Joy son épouse. Le courant passe tout de suite et nous apprenons qu’ils cherchent un équipage pour traverser le Pacifique et se rendre aux îles Marquises. Pourquoi pas, nous disons-nous dans notre tête… Après tout, un voyage est fait pour être modifié au gré de nos rencontres, non ? Pour l’heure, nous revenons sur terre et convenons de traverser ensemble la mer de Cortez d’ici une semaine.

La croisière s’amuse

Hourra ! Nous allons naviguer pendant cinq jours et aurons, en plus, acquis un peu d’expérience entre temps, grâce à Dennis et Donna, avec qui nous embarquons d’ailleurs le jour suivant. C’est parti pour trois jours magnifiques. Nous mettons le cap sur l’île Espiritu Santo, au large de La Paz, un parc national marin dont les eaux furent considérées par le commandant Cousteau comme étant « l’aquarium du monde ». Rien de moins. Le premier jour nous nous rendons à l’île et avons le loisir d’observer plusieurs dizaines de raies volantes en chemin, décollant au-dessus de l’eau pour y replonger aussitôt. Magique.

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Le soir nous mouillons dans l’une des nombreuses baies de l’île, seuls au monde. Coucher de soleil, calme absolu, bercement des vagues… C’est pas mal, le voilier. Le lendemain matin nous partons découvrir la plage déserte de la baie et découvrons une colonie de centaines de frégates et des milliers de crabes.

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De retour sur le bateau, nous mettons le cap vers une autre baie, naviguant tranquillement « au près » toute la journée, au grès du vent et des vagues. Le soir, ancrés de nouveau à l’abri du vent, nous allons nous baigner dans les eaux chaudes, avant de déguster de bonnes grillades. Inutile de le cacher, nous tombons en amour avec la voile et cela nous donne des idées pour la suite du voyage. Dennis et Donna nous ont donné la piqûre et montré que, comme souvent, il est possible de se lancer dans ce monde avec peu d’expérience et un minimum de formation, puis d’apprendre en pratiquant. Nous revenons à terre au bout de trois jours uniques, des rêves plein la tête.

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Ne rejoignant pas Ron et Joy sur leur bateau avant une bonne semaine, nous avons du temps pour découvrir La Paz et ses environs. Nous avons la chance de rester chez Glenda, Glen et Pamela, de Warmshowers, qui sont connus ici pour accueillir à peu près tous les cyclotouristes de passage. D’une générosité d’une gentillesse infinies, ils nous font vraiment ressentir chez nous.

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Avec eux et quelques amis cyclotouristes, nous passons quelques très belles soirées et fêtons les sept ans d’Emma, « en famille ».

Éternelles retrouvailles

À La Paz, nous retrouvons aussi avec une grande joie nos amis Albéric, Ophélie, Maël et Élyne. Nous n’arrêtons plus de nous revoir, en fait, tant nous nous entendons à merveille, enfants comme parents. Ensemble, nous fêtons les sept ans d’Emma et les trois ans de Maël, sur la plage, autour d’une belle piñata et d’un gros gâteau. Faut ce qu’il faut.

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Finalement nous nous séparons, chacun devant poursuivre son chemin, non sans avoir terminé en beauté par une fondue suisse sur la plage ! Bonne route les amis et à bientôt  !

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Nous profitons aussi du temps libre que nous avons pour aller visiter le village de Todos Santos, à 80 km de La Paz, sur la côte Pacifique. Faisant partie des Pueblos Magicos (une association des plus baux villages du Mexique), celui-ci ne nous déçoit pas et ses petites rues aux maisons de brique sont charmantes. Bien sûr, il y a pas mal de touristes dans les parages : c’est ici que se trouve le « fameux » Hotel California (ni plus ni moins que l’un des quelques hôtels ayant récupéré le mythe de la chanson des Eagles, qui d’ailleurs ne faisait référence à aucun hôtel en particulier). Surtout, nous ne sommes pas loin de Cabo San Luca, au bout de la péninsule de Baja, un lieu connu pour son orgie d’hôtels, de golfes, de Wal-Mart et de fiestas délurées pour touristes en mal du pays. À éviter absolument. Heureusement, Todos Santos a su préserver son authenticité et son calme. Coup de chance pour nous, qui pouvons retrouver ici son caractère mexicain authentique.

Dur, dur

Nous pédalons ensuite quelques kilomètres au sud, pour passer quelques jours sur la plage d’El Pescadero, un petit village réputé pour ses fruits et légumes bio, et ses vagues propices au surf. Campant à même la plage, nous passons deux jours à ne rien faire d’autre que de lire, nous baigner, jouer, regarder les surfeurs, observer les baleines jouer au loin, manger, dormir. Dur.

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De retour à La Paz, une nouvelle plutôt décevante nous attend : Ron et Joy ne sont finalement pas décidés à prendre la mer et, lorsqu’ils le feront, mettront directement le cap sur la Polynésie, sans escale. Envolée pour nous, la traversée de la mer de Cortez en voilier. Enfin ce n’est pas la fin du monde, d’autant plus que nous avons déjà été gâtés par Donna et Dennis.

Un cargo pour les tropiques

Après déjà près de dix jours dans la belle ville de la Paz, le moment est donc venu d’aller voir ailleurs et de rejoindre enfin le continent.

Faute de voilier, nous nous résignons donc à prendre le ferry pour rejoindre Mazatlán. Ou plutôt, le cargo, le ferry étant hors service ces jours-ci. En compagnie d’amis cyclotouristes, nous voici donc quelques vélos perdus dans un cargo rempli de camions et remorques, sentant bon le diesel et la testostérone. Pas ou peu de service à bord, ce n’est pas le style de la maison. Qu’importe, la traversée n’en sera que plus mémorable.

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C’est parti pour une traversée de seize heures au cours de laquelle nous croiserons le tropique du Cancer et rejoindrons enfin le continent mexicain et sa moiteur tropicale. Vamos !

5 avis sur « Escale à La Paz »

  1. Il y a longtemps que je ne vous pas écrit….. Je vois ou plutôt que je lis que vous êtes toujours en mouvement……….Encore beaucoup de plaisir à vous lire. Et les photos, toujours aussi sensass les unes que les autres! Continuez, on en veut encore………

  2. Ah la la les amis, moi qui vous voyait déjà en marins, Fix avec un bonnet rouge sur la tête, vous ne cessez de me surprendre et vos retournements de situation, votre optimisme sont bien souvent délicieux 🙂

    Prenez soin de vous, Clo et moi on vous embrasse
    Feliz ano nuevo Emma, y Que le vaya bien !

  3. Wow quel chapitre !! C’est une aventure extra et comme vous le dites, des rencontres magiques, des expériences extra-ordinaires… Continuez à profiter de chaque rencontre et de nous gâter avec vos récap ! On vit en rêve votre quotidien ! I PVI, ici à Montréal, il caille et on patine sur le lac… à défaut de vagues et maillots de bain, on a tuque, mitiaines et pantalons de neige ! On pense bien à vous, amusez-vous ! Bises de nous 5 xxx

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