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Baleines, plages désertes et palmeraies

Si le début de notre épopée mexicaine ne nous a pas particulièrement transportés (façon de parler), la seconde partie de notre descente de Baja nous ravit. Le charme opère de nouveau !

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Nous quittons Guerrero Negro comme nous y sommes venus : par une interminable route en ligne droite en plein désert. Mais après deux jours nous rejoignons ce qui sera notre premier coup de cœur mexicain : le village de San Ignacio. À la différence de la plupart des villages rencontrés jusqu’à présent, San Ignacio n’est pas traversé par la route 1, mais se trouve en retrait de celle-ci. Au cœur d’une palmeraie, véritable oasis en plein désert, le petit village dégage un charme indéniable : sa vieille mission, sa place ombragée au cœur du village, ses rues tranquilles… tout concourt à faire croire qu’ici le temps s’est arrêté. Nous aimons instantanément l’endroit et décidons d’y rester quelques jours. C’est la première fois que nous avons l’impression de découvrir le « vrai » Mexique, et nous sommes conquis.

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Baleines en vue !

San Ignacio, c’est aussi le point de départ pour aller rencontrer les baleines grises, quelque 100 km plus loin, sur la côte. Là-bas, tout au bout d’une route de terre, là où le désert rejoint l’océan pacifique, quelques cabanes de pêcheurs sont posées sur les rives de la lagune où, chaque hiver, les baleines grises femelles arrivent d’Alaska pour mettre bas et allaiter leurs baleineaux. Et les rencontrer est un privilège inoubliable, d’autant que ces cétacés sont particulièrement curieux et n’hésitent pas à s’approcher des bateaux pour se laisser flatter. Parlant de bateaux, ici l’expérience est des plus intimes : nous embarquons dans une chaloupe à moteur, à peine six à bord, pour plus de trois heures en mer. Émotion garantie ! Des baleines, nous en verrons plus qu’espéré, et de très près. Pas assez toutefois pour les toucher, les baleineaux étant trop jeunes encore pour que leurs mères les laissent s’approcher des bateaux, mais qu’importe : nous sommes rassasiés par tant de beaux moments.

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De retour à San Ignacio, nous faisons connaissance avec une famille de Suisses : Ophélie, Albéric et leurs deux enfants Maël et Élyne voyagent eux aussi, en camping-car, depuis près d’un an. Nous sympathisons rapidement mais sommes encore loin de nous douter que nous avons beaucoup de choses en commun et que nous nous retrouverons avec un plaisir sans cesse plus grand au cours des prochaines semaines.

Nous quittons San Ignacio pour filer vers la côte Est de Baja et enfin découvrir la mer de Cortez, un nom qui nous fait rêver depuis longtemps et que nous finissons d’apercevoir, toute de turquoise vêtue sous le soleil, alors que nous entamons une longue descente pour la rejoindre.

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Une descente dont le nom dit tout, d’ailleurs : La cuesta del infierno (la côte de l’enfer)… C’est vrai qu’elle était pas mal raide, mais « malheureusement » trop en courbes pour qu’Emma et moi puissions battre notre record de vitesse… Le vent ne nous aide pas, non plus. Celui-ci, on  ne l’oubliera pas de sitôt : depuis trois jours, vers treize heures, précis comme une horloge, il se lève de nulle part et vient nous souffler droit dans le nez. Usant. Et frustrant : descendre et pédaler pour avancer, nous on n’a pas trouvé pire mentalement.

Nous arrivons à Santa Rosalía, ville minière à oublier si ce n’est pour jeter un coup d’œil à son église préfabriquée construite par Gustave Eiffel (oui, celui de la Tour) et importée de France suite à l’expo universelle de 1889. Nous préférons de loin le très beau village de Mulégé, deuxième coup de cœur de Baja. Comme San Ignacio, Mulégé se niche au cœur d’une palmeraie, a une très belle mission perchée en hauteur et dotée d’une vue imprenable sur la vallée et la rivière qui la traverse. Plus grand que San Ignacio, la vie est plus présente ici, les gringos aussi, mais pas assez pour dénaturer l’authenticité du village. Allez hop, deux jours d’arrêt.

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Seuls sur le sable…

Mulégé, c’est aussi la porte d’entrée de la Bahia Concepcion, une succession de plages (presque) désertes aux eaux turquoise. Un avant-goût de paradis, si ce n’était les nombreux camping-cars de retraités Canadiens et Américains stationnés sur les plages, à quelques mètres de l’eau. Nous arrivons tout de même à nous trouver quelques petits coins tranquilles, dont la plage El Burro où nous nous arrêtons pour déjeuner.

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Mais c’est la petite plage El Requesón, en retrait de la route, qui nous tape dans l’oeil: nous décidons de nous y poser une journée. Nous sommes presque seuls sur la plage, pas de services autour, si ce n’est, chaque jour, des mexicains venant vendre leurs fruits et légumes, ou des coques pêchées le jour-même. Fraîcheur et goût imbattables, pour trois fois rien.

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Et devinez qui nous retrouvons sur la plage, par hasard ? Nos amis suisses ! Une bonne raison pour rester sur place un jour de plus que prévu et l’occasion de nouer de solides liens d’une nouvelle amitié. Nous quittons nos amis avec la promesse de se revoir à La Paz, d’ici quelques jours.

Pour le moment, nous rejoignons Loreto, là où fut construite la toute première Mission de toutes les Californies.

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Nous nous arrêtons ensuite à Ligui, un tout petit village en bord de mer où nous bivouaquons sur la plage. Comme toujours dans ce cas, l’objectif est de se faire discrets, même si nous savons que nous avons le droit de camper ici. Émotion garantie, alors que nous entendons des voitures aller et venir jusque tard dans la nuit sur la plage, des voix… On ne peut pas croire que les gens pêchent si tard ?!? Cécile aura passé une bonne partie de la nuit tous les sens en alerte, mais finalement rien ne nous sera arrivés. C’étaient bel et bien des pêcheurs.

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Nous quittons Ligui et attaquons l’ascension la plus dure de Baja, une dizaine de kilomètres à 8 %, avant d’entamer une looooogue descente vers Ciudad Concepcion, de retour sur la côte Pacifique. Rien à voir.

La Paz est encore à 220 km de là et il n’y a rien avant, si ce n’est quelques hameaux. Allez, une dernière poussée de deux jours à  retraverser Baja d’Ouest en Est. À la tombée du premier jour,  nous arrivons à El Cien, minuscule hameau où nous nous arrêtons pour camper. Derrière l’église fera l’affaire. Le lendemain nous levons le camp juste à temps avant la messe.

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La Paz, enfin

Enfin, 27 jours après notre arrivée au Mexique, plus de 1 500 km et 7 jours de repos, nous arrivons enfin à La Paz, que nous trouvions si loin, destination finale de notre première étape mexicaine. Version Emma, Baja ça donne ça, en résumé :

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Nous débarquons chez Glenda, notre hôte Warmshowers qui, comme de nombreuses autres personnes du petit monde cyclotouriste à Baja, avait entendu parler de nous, « la famille à vélo »…

Nous prenons une petite pause à La Paz et nous mettons au travail pour atteindre l’objectif des prochains jours : nous trouver un voilier pour traverser la mer de Cortez et rejoindre le continent. Ce qui s’avérera un tout petit peu plus compliqué que nous nous y serions attendus. Mettons que nous resterons à La Paz plus longtemps que prévu…

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3 avis sur « Baleines, plages désertes et palmeraies »

  1. Bravo pour votre capacité d’adaptation. Je ne fais qu’imaginer les émotions difficiles lors d’un aussi long périple que le vôtre dans le temps et dans des espaces qui vous sont parfois rébarbatifs. Votre récit est une histoire à suivre et on en redemande. L’illustration des richesses culturelles et architecturales émaille votre récit de brillante façon. Sans parler de la faune et de la flore qui n’échappent d’aucune manière à votre oeil toujour fasciné par les découvertes. Merci pour ce partage de qualité et très heureux que l’amitié soit au rendez-vous avec vos nouveaux amis Suisses.

  2. Bon les amis je manque malheureusement de temps pour vous écrire mais sachez que vos aventures me font toujours autant vibrer ! Clo et moi on vous embrasse à la veille d’un périple ski-pulka en autonomie (et oui les vacances ont commencé…).
    Prenez soin de vous 🙂
    Till

  3. ‘…descendre et pédaler pour avancer…’, celle-là elle est bien bonne. Je me trompe ou même Emma est en train de développer des petits muscles des jambes en béton? Nous on pédale dans la neige ces jours-ci à Montréal. Ça glisse et il faut 2 fois plus de temps pour se rendre à destination chaque jour !

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