États-Unis / Blogue

La fin… le début

Nous y voici, au sud des États-Unis, à quelques kilomètres de la frontière mexicaine. Juste à temps pour fêter Noël, célébrer le chemin accompli jusqu’ici et finir l’année en beauté.

Notre arrivée à San Diego pourrait pourtant mieux commencer, alors que ma roue arrière a décidé de faire des siennes. Encore. Moi qui la croyais réparée, la voici voilée de nouveau. C’est sûr, mon vélo est trop lourd, me dis-je, depuis le temps que je le pense. Et cette nouvelle roue que je ne sentais pas trop… Bon, il va falloir en monter une nouvelle de toutes pièces, et surtout trouver un orfèvre de mécano pour faire ça. À San Diego, il devrait y en avoir au moins un. J’espère.

La casita

Pour l’heure, nous nous rendons vers ce qui sera notre pied à terre pour la prochaine semaine et passer les Fêtes. Nous voulions trouver un endroit où nous pourrions célébrer en famille, tout en n’étant pas trop cher, idéalement. Nous avons trouvé la perle rare grâce à Warmshowers, encore. Dans les hauteurs de San Diego, Merle et Linda ont dans leur jardin une petite casita (une maisonnette) qu’ils mettent à leur disposition des cyclistes de passage. Ce n’est pas le grand luxe mais tout y est : les lits, l’évier, la douche, la machine à laver, le barbecue… Nous devrions être très bien.

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Juste le temps de nous acheter quelques guirlandes pour habiller la pergola et l’eucalyptus qui fera office d’arbre de Noël, et tout est fin prêt. Le Père Noël peut se pointer, Emma l’attend de pied ferme !

Si nous ne vivons pas à proprement parler avec Merle et Linda, chacun étant « chez soi », ceux-ci sont extrêmement attentionnés avec nous. Quant à Emma, elle passe son temps à promener leur chien Ginger, qui ne demande pas mieux.

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Mais il n’y a pas que Merle et Linda, il y a aussi leurs voisins, une demi-dizaine de couples vivant tous dans cette rue sans issue et s’entendant à merveille. Ils sont absolument adorables avec nous et nous le montrent à plusieurs reprises : dès le réveillon de Noël, nous sommes invités chez Barbara et Jay au Christmas happy hour, un 5 à 7 pour fêter entre amis. Nous passons un délicieux moment, parfait pour débuter notre réveillon à nous.

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Ho Ho Ho !

Celui-ci se fera en toute simplicité, comme on l’aime. Quelques bouchées, une bonne bouteille puis deux films pour clôturer la soirée. C’est vrai quoi, c’est pas Noël tous les jours. Avant de s’endormir, Emma n’oublie évidemment pas de déposer des gougounes sous l’eucalyptus.

Nous savons la question que vous avez tous sur le bout des lèvres : « Alors, le Père Noël a-t-il trouvée Emma, finalement ? » Ne laissons pas traîner le suspense plus longtemps : ce ne fut pas facile, il a du chercher un peu pas mal et Cécile a du faire quatre bureaux de poste à vélo pour récolter les cadeaux, mais oui, il a trouvé Emma. Le 25 au matin, plusieurs petits cadeaux (et quelques plus gros) l’attendaient à l’entrée de la casita, sous l’eucalyptus. Et vous savez quoi ? Emma a eu ce qu’elle désirait dans sa lettre : une belle robe chic, des collants et même des souliers bleus brillants. Le Père Noël lui a même offert des petites poupées du film La Reine des Neiges. En ouvrant le cadeau, elle s’est écriée : « Il est fort le Père Noël, il a su lire dans mes pensées parce que ça n’était pas dans ma lettre ! ».

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On a beau dire et décrier les dérives commerciales de Noël, il reste que le regard et le sourire d’un enfant ouvrant ses cadeaux n’a pas de prix.

Le zoo, les bateaux…

Bien sûr nous profitons de notre présence à San Diego pour visiter un peu la ville, à commencer par le célébrissime zoo, au cœur du très beau parc Balboa. Bon, il faut vous avouer une chose : les zoos, c’est vraiment pas notre truc en général. Aussi grands soient-ils, les enclos des animaux ne sont jamais que des enclos. Voir des tigres tourner en rond n’est pas des plus réjouissants. Mais il paraît que le zoo de San Diego est différent, plus grand, plus varié et surtout plus… « humain ». À tel point qu’il fait office de référence pour de nombreux zoos de part le monde, qui s’en inspirent. Alors, avons-nous été conquis ? Peut-être pas à ce point, mais surpris en bien, oui. Pour y rester plus de 6 h, je crois qu’on peut dire ça. Emma, elle, a trippé, surtout devant les pandas, les gorilles et les orang-outangs. Il faut dire qu’ils étaient pas mal drôles.

San Diego, c’est aussi le port et son musée maritime qui vaut le détour, ne serait-ce que pour resté figé devant l’immense porte-avions USS Midway ou monter à bord du vénérable Star of India, plus ancien voilier encore en service au monde, datant de 1863.

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Surtout, pour descendre dans le B-39, un sous-marin soviétique de 1974. Ambiance garantie ! Claustrophobes s’abstenir : il ne fallait pas être grand pour y vivre. Ni avoir le mal de mer, comme le dit un message affiché sur un mur : « Si vous avez le mal de mer, vivez avec et bouclez-la. » Ils étaient 78 marins à bord pour plusieurs semaines sous l’eau, et une trentaine de lits. Comment faisaient-ils ? Ils dormaient par quarts de trois heures… Et avec trois toilettes dans le sous-marin, il ne valait mieux pas s’attarder pour y faire ce qu’on devait y faire, sous peine de sévère punition… J’aime bien la diplomatie à la soviétique.

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C’est sûr, quand ensuite on visite le sous-marin USS Dolphin de 1968, amarré juste à côté de son homologue soviétique, on a l’impression d’être dans un palace, ou presque.

Le point

Nous profitons surtout de notre présence à San Diego pour préparer notre prochain voyage, car c’en est un : notre arrivée au Mexique ! C’est tout un symbole pour nous. Après huit mois de voyage et avoir passé des millions de bons moments avec tant de personnes aussi généreuses que sympathiques, traversé les montagnes du Montana, le désert de l’Utah, la côte de la Californie, nous voici rendus au bout de notre épopée nord-américaine. Reconnaissons-le, nous ne sommes pas peu fiers d’être arrivés ici, jour après jour, mile après mile.

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À présent une nouvelle étape commence, une nouvelle culture à découvrir, une nouvelle langue à apprivoiser (on va bien rigoler), mais nous sommes confiants sur un point au moins: nous ferons de très belles rencontres, comme nous en avons fait jusqu’ici.

Et puisqu’au cours des prochaines semaines nous descendrons la péninsule de Baja, région plutôt désertique, nous profitons d’être dans une grande ville pour faire le plein et vérifier notre matériel avant de passer la frontière.

Et côté matériel, justement, il y a une roue à faire monter. Après une petite recherche sur Internet et consultation auprès de Merle, nous découvrons qu’il existe un magasin de vélo pas trop loin, qui en plus semble réputé. Après une première visite, je suis rassuré : le magasin n’est pas grand mais les gars semblent spécialisés dans le haut de gamme et ont l’air de connaître leur affaire. Quand je lui parle de ma roue, sans lui mentionner la marque, le mécano me demande tout de suite : « C’est une Mavic ? Parce que nous avons eu quelques retours de clients depuis quelques temps ». Intéressant, car ma roue est effectivement une Mavic. Plus tard c’est Andrew, le patron, qui s’occupe de moi. Je lui expose mon besoin et mes conditions pour le montage de la roue : une jante de 26’’, 36 rayons DT Swiss croisés 4 fois et tentionnés correctement (pas à la main), moyeux XT (que j’avais gardé)… Je ne suis pas mécano mais avec le temps j’ai appris 2-3 trucs (on peut presque dire que j’en connais un rayon ! Bon, reprenons). Andrew ne bronche pas et ses réponses me rassurent. Et en plus ils ont une jante de qualité en stock. Vendu ! Quelques jours plus tard, j’ai une nouvelle roue sur mon vélo, en laquelle j’ai toute confiance. Et alors que nous quittons le magasin, Andrew me laisse son numéro de téléphone : « Si vous avez le moindre problème au cours des 500 prochains km au Mexique, appelez-moi et j’arrive vous chercher ». Merci Andrew.

PS. Le magasin s’appelle Adams Avenue Bicycles. Si vous êtes dans le coin de San Diego et avez besoin de quoi que ce soit pour votre vélo, allez-y de ma part. En plus ils font des expressos de fou.

Vamos !

Nos vélos et notre matériel fins prêts, nous bien reposés, nous quittons San Diego, Merle et ses amis, non sans que la veille nous ayons tous passé une dernière belle soirée tous ensemble autour d’un bon chili et d’une non moins délicieuse fondue au chocolat.

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Direction la frontière donc, distance d’à peine cinquante kilomètres. Oui, on sait, tout le monde nous a fortement déconseillés de traverser les lignes à Tijuana, ville-frontière réputée « trop dangereuse ». Mais nous sommes si proches, on ne va pas faire un détour. Par contre, pour optimiser nos chances, nous passerons la frontière en début de journée. Ce soir, nous dormons donc à quelques centaines de mètres du « mur » (il n’y a pas que celui de Berlin), dans un motel de San Ysidro. Et si nous sommes encore officiellement aux États-Unis, le Mexique est déjà partout : les parfums, les gens, les magasins… Nous sommes déjà de l’autre côté.

Fébrilement, nous nous endormons. Demain, 31 décembre, commence une nouvelle aventure.

Hasta la vista America, 2014 sera latino !

3 avis sur « La fin… le début »

  1. Que de péripéties intéressantes ! Ce qui me frappe en premier lieu, c’est votre capacité de vous organiser un chez-vous nomade… en sachant vous poser et vous entourer d’amitié. En deuxième lieu, c’est le respect des traditions et des impératifs familiaux; vous savez profiter de la période des fêtes, ce qui est un incontournable pour Emma, et votre sens de l’organisation de la fête avec le voisinage auquel vous vous ouvrez spontanément.

    La visite des points d’intérêt est source d’observations intéressantes; vous pouvez vous consoler du fait que les douches soient parfois difficiles d’accès avec ces matelots qui vivaient dans ces thermos flottants, mais où les douches ne devaient pas être une priorité d’État…

    Et les zoos sont bien là pour rester encore un bon bout de temps, bien que les nouvelles approches enferment les visiteurs plutôt que les pensionnaires. Comme on le voit à Saint-Félicien au Lac Saint-Jean. Lorsque je vivais au Brésil, j’avais visité un zoo où les animaux étaient malades et manquaient dramatiquement de soins et de nourriture. Mais les temps ont changé là-bas et les choses sont plus normales depuis que l’économie du pays va mieux.

    Alors bonne continuation en direction de l’Amérique centrale. Tout un changement ! Que je suivrai avec le plus grand intérêt.

    Salutations à vous trois et continuez à m’étonner de vos découvertes fascinantes !

  2. Je me fais porte-parole de TATIE ..à qui j’imprime regulierement vos aventures,ce n’est pas tres écolo.. c’est vrai…!!! mais c’est la façon pour elle de vous suivre…( on n’a pas encore reussi à l’initier à l’informatique).
    elle est en admiration à chaque fois ,se rejouie pour Emma de vivre toutes ces aventures avec des parents debordant d’amour pour elle et ne sachant que faire pour maintenir sa vie d’enfant…
    elle vous embrasse tendrement et vous souhaite de tres belles aventures pour 2014

    • Merci Tatie!!! Nous sommes super contents que tu puisses suivre nos aventures (merci Stéphanie!). Nous te souhaitons à toi aussi une très belle année 2014, remplie d’amour et de santé. À très vite! Gros bisous de nous trois.

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