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L.A. : Oui… mais non

Avouons-le, nous ne sommes pas spécialement excités de visiter Los Angeles. Hollywood, le Walk of Fame, la ville le plus étalée du monde… A priori, ce n’est pas trop notre tasse de thé. Mais, sait-on jamais, nous pourrions être surpris. Allons voir.

Ah, Pamela…

Alors que nous quittons Ventura, un premier constat s’impose, alors que nous approchons de Malibu la bourgeoise : l’argent s’expose partout le long de la côte, notamment par les maisons que l’on croise. Pour nous qui aimons l’architecture moderne, c’est d’ailleurs un régal de rouler parmi ces demeures contemporaines, dont le style typique californien nous plaît particulièrement. Par contre, si certaines maisons sont magnifiques, on ne peut pas dire que l’ensemble soit des plus homogènes…

Malibu c’est aussi bien sûr, dans l’imaginaire collectif, Pamela Anderson et toutes ses amies blondes en maillot rouge. Aussi quand nous passons devant le quartier général des sauveteurs de Malibu, l’occasion est trop belle pour se remettre dans l’ambiance de la série tv, grâce à Emma…

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Alors que le soir tombe, il nous faut trouver un endroit où dormir. Pas de camping public dans les parages, oublions les motels hors de prix, reste un camping à la sortie de la ville, pour… 55 $ la nuit ! Et pour ce prix, a-t-on un emplacement avec une table en bois précieux ou un spa ? Ben non, juste le wifi et la vue sur l’océan. Ah, et on n’a pas le droit de faire un feu. Et Emma paie aussi… C’est, de loin, notre camping le plus cher à ce jour.

Malibu étant aux portes de Los Angeles, nous prenons tout notre temps pour nous y rendre. Dont nous arrêter pour quelques heures à la très belle Getty Villa, un magnifique musée créé par un magnat du pétrole et regroupant sa prestigieuse collections d’œuvres antiques grecques, romaines et étrusques, dans un musée reproduisant à l’identique une villa romaine. Contrairement au Hearst Castle de San Siméon, ici le respect des œuvres (dont certaines sont exceptionnelles) est partout, celles-ci sont mises en valeur et le musée est très instructif. Et gratuit. Nous nous régalons.

Notre promenade se poursuit et nous entrons à Los Angeles le long de ses immenses plages, au cœur desquelles serpente la piste cyclable. Sous le soleil, il est facile de comprendre pourquoi cet endroit est devenu un aimant pour tant de gens : son climat exceptionnel (plus de 350 jours de soleil par an) et son cadre naturel sont forcément attirants. Sous le soleil les corps bronzés et musclés sont partout et le culte du corps est omniprésent : sur la plage on court, roule, joue au beach volley, fait de la musculation… Le mythe californien existe toujours et la vie semble facile ici.

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Nous nous attardons sur la plage de Santa Monica et y faisons connaissance avec un groupe d’amis jouant au volley sur la plage, « comme tous les samedis de l’année ». Une chance pour Emma : ils ont des enfants et sont francophones ! Après quelques heures de bons moments ensemble, nous prenons enfin le chemin du centre-ville pour aller retrouver les hôtes Warmshowers qui nous hébergeront pour les prochains jours. C’est minuscule chez eux, un vrai mouchoir de poche, mais Davon et Jessica sont des perles à notre égard. Et devinez quoi ? Jess parle français ! Elle devient instantanément éligible pour devenir l’amie d’Emma, qui en plus passera son temps à se déguiser avec les affaires de Jess. Mexicaine d’origine, Jessica nous gratifiera en plus de nombreux conseils et contacts pour nos prochaines semaines au Mexique. Nous passerons ensemble trois très belles soirées, ponctuées de discussions passionnantes. Merci les amis !

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Tout ça pour ça

Alors, Los Angeles, ça donne quoi ? Pour notre premier jour à la découverte de la ville, nous commençons par un classique : Hollywood boulevard et son « fameux » Walk of fame étoilé. Évidemment, c’est ici que tous les touristes se retrouvent. Ainsi que les magasins de souvenirs. Pour nous, l’endroit nous donne une impression de « Tout ça pour ça ». Pas grand chose à voir, finalement. Au moins nous aurons la surprise, en parcourant les étoiles, de découvrir une certaine Marguerite De La Motte. Aurions-nous eu une star dans notre parenté éloignée et ne le saurions point ?

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Vite, nous nous éloignons de cet attrape-touristes pour nous retrouver dans un endroit qui nous rejoint plus : le Griffith Park, le parc urbain le plus grand des États-Unis. C’est ici que se trouve le fameux signe Hollywood (à oublier), mais surtout l’observatoire astronomique et hébergeant trois télescopes et l’une des expositions les mieux conçues sur l’astronomie, entre autres par son côté ludique et pédagogique. Pour la petite histoire, l’observatoire fut rendu célèbre par le film La fureur de vivre, en partie tourné sur place.

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Si Los Angeles nous surprend par son côté plus humain que prévu (si l’on oublie Hollywood), c’est sans doute par le fait que nous y retrouvons très peu de hauts bâtiments, du fait d’un arrêté municipal du début du XXè siècle interdisant durant longtemps les édifices de plus de quinze étages, propice par la même occasion à un étalement urbain sans limite. Mais la ville a quand même quelques buildings, dans son centre-ville historique, que nous visitons au cours de notre seconde journée sur place. Mais rapidement nous déchantons devant l’absence de bâtiments historiques, la ville n’étant pas la meilleure pour préserver son patrimoine, toute orientée qu’elle est vers le futur. Pour rattraper notre journée, nous décidons alors de nous rendre au Centre des Sciences de Californie, un autre musée gratuit fourmillant de collections et orienté vers la découverte par l’expérience et le jeu. Et comme si la thématique de ces derniers jours était l’espace, ici nous découvrons avec une certaine émotion certaines des sondes ayant emmené les astronautes des missions Apollo dans l’espace, ainsi que la navette spatiale Endeavour. Impressionnant.

Après deux jours sur place et n’ayant pas été conquis par L.A., nous décidons de quitter la ville. Oh, sans doute sommes-nous passés à côtés de plein de choses, mais ça ne cliquait pas vraiment entre elle et nous, alors nous n’avons pas insisté. Nous reprenons donc la route de la côte, non sans passer par un dernier endroit symbolique de Los Angeles : Venice Beach, son très animé et hipster Abbot Kinney boulevard et surtout le fameux Venice boardwalk, le long de la plage, où l’on peut « admirer » les biscotos des culturistes en plein air ou les démonstrations acrobatiques des skateurs locaux, un joyeux mélange nous rappelant Las Vegas.

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La côte entre Los Angeles et San Diego est une succession de petites villes au charme plus que plaisant, toutes tournées vers la mer et dédiées au dieu Surf, comme un peu partout dans le sud de la Californie, d’ailleurs. À un rythme plus que tranquille, au sortir de Los Angeles nous parcourons successivement Manhattan Beach puis Hermosa Beach, nous arrêtant à la moindre occasion pour jouer sur le sable ou parcourir les ruelles tranquilles. Nous n’avons pas fait 30 km depuis notre départ mais voulons déjà nous arrêter. Ça tombe bien, il y a une auberge de jeunesse à Hermosa, tout au bord de l’eau. Allez hop. Profitons des vacances. Et la fin de la journée se déroule comme elle a commencé : au ralenti, à profiter de l’instant, alors que la lumière décline. Nous sommes bien.

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Déjanté !

Huntington Beach est notre destination du jour suivant. L’auto-proclamée « capitale du surf », la ville dont le maire a symboliquement remis il y a quelques années les clés à Kelly Slater, légende vivante du surf, valait bien que nous nous y attardions. Mais voilà… En milieu de journée, alors que nous approchons de Long Beach, je m’aperçois que ma roue arrière fait un bruit bizarre et frotte. Une fois arrêté, le constat est une surprise totale : ma jante est fendue ! Je n’en crois pas mes yeux. Il nous faut trouver un magasin de vélo au plus vite. Heureusement il y en a un à quelques kilomètres, auquel je me rends de peine et de misère, les filles m’attendant avec tout le matériel. Sur place, je ne suis pas impressionné par le niveau du mécano mais n’ai guère le choix : je prends la seule roue de 26po qu’ils ont en stock. Pas de la super qualité, 32 rayons, mais ça devrait aller. Croisons les doigts. Quelques heures plus tard, nous arrivons à Huntington Beach alors que la nuit est tombée. Pour voir les vagues et les surfeurs, c’est raté. Nous rejoignons alors la maison de Jamie, notre hôtesse Warmshowers du jour. Jamie n’est pas là pour notre arrivée mais a laissé la porte d’entrée de sa belle maison ouverte pour nous, sans même nous connaître. Encore une preuve de la générosité et de la confiance totale que peuvent avoir certaines personnes pour autrui. Nous la rencontrons en fin de soirée et sympathisons très vite, mais malheureusement passons trop peu de temps avec celle-ci, chacun repartant tôt le lendemain matin.

Une fois n’est pas coutume, le temps est menaçant alors que nous enfourchons nos montures. Puis vire à la pluie battante. Il y avait longtemps que nous ne nous étions pas fait saucer comme ça. Évidemment, c’est le moment que choisit ma roue arrière pour faire de nouveau des siennes : la voilà voilée à présent ! En la réajustant, je réalise que certains des rayons sont complètement desserrés, je peux les resserrer à la main. Damned, je me suis fait avoir hier ! En urgence et après avoir réajusté mes rayons au moins trois fois en moins de dix kilomètres, nous nous arrêtons de nouveau au village suivant où nous avons repéré un magasin de vélo qui, cette fois, me semble fiable après un premier contact avec le mécano. Rendez-vous demain pour un alignement de roue complet, et dodo au motel entre-temps, avec vue.

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Ma roue enfin réalignée, nous reprenons la route et nous approchons tranquillement de San Diego, longeant toujours les longues plages toutes aussi attirantes les unes que les autres. Et après une dernière nuit dans un camping tout au bord de l’une d’elles, nous rejoignons enfin San Diego, où nous passerons Noël et terminerons notre odyssée américaine, six mois après l’avoir débutée au Montana… Une page se tourne !

6 avis sur « L.A. : Oui… mais non »

  1. Bien mieux qu’un film documentaire hollywoodien sur la Californie, un récit imprégné d’une vision originale sur les arcanes de la côte ouest multiforme. De l’art au kitsch, de la noblesse du sport à ses dérives botoxées et bronzées, des anecdotes qui mises ensemble, constituent un tableau unique d’une partie de la réalité de ce coin du monde privilégié. Le contraste entre les divers niveaux de perception de la réalité étatsunienne trouve sa métaphore circulaire dans la déchirure de la jante et dans sa réparation inadéquate et éphémère. Dès lors, si le monde nanti sait se sortir de ce mauvais réglage géo-politique qui aura marqué les dernières décennies et qui aura entraîné autant de guerres et de souffrances aux quatre coins de la planète, c’est qu’il aura su resserrer un à un les liens qui unissent les peuples. Je crois pour ma part que nous sommes encore bien loin de ce but. Que la route sera longue jusqu’à ce que nous sachions nous considérer tous comme faisant partie d’un même univers à partager.

  2. Salut les nomades,

    de retour à la maison et au boulot après ces fêtes de fin d’année, j’ai enfin pu prendre le temps de lire tous vos messages (vous êtes sacrément prolifiques ces temps ci, et ça n’est pas pour me déplaire, bien au contraire 🙂 ).
    J’ai beaucoup aimé le récit si réaliste de vos dernières aventures, et les contrastes dans les ressentis qu’a pu vous inspirer la Californie (dont j’avoue préférer, et de loin, les parcs au littoral). J’espère que San Diego vous plait, Clo et moi avions bien aimé ce coin.
    Nous vous souhaitons une très belle et heureuse année 2014 à tous les 3, riche en découvertes et en rencontres. Un grand bravo pour ce que vous avez déjà accompli (et de quelle manière!).

    Clo et moi on vous embrasse.
    Till

    PS pour Fix: ci-jointe le guide du « dévoilage de roue au crayon » que j’aime bien
    (même si je sais ta science de la mécanique vélo très étendue, probablement encore plus désormais après tout ce temps passé sur les routes)
    Par contre pour les jantes fendues ou les vendeurs incompétents j’ai pas de technique ;-)…

    http://www.cyclos-cyclotes.org/technique/methode_%20devoilage.pdf

    • Merci Till pour tes bons mots… Nous vous souhaitons une excellente année à vous aussi, encore un autre très beau voyage en perspective!
      Comme vous le lirez prochainement 🙂 , nous avons bien aimé San Diego aussi, surtout pour les rencontres que nous avons faites, comme toujours.
      Merci aussi pour le guide de dévoilage, effectivement depuis quelques mois je finis par maîtriser, humblement, les techniques de dévoilage, mais on en apprend toujours, ce que j’ai fait en lisant le guide. Seule différence: pour ma part, au lieu d’un crayon, j’utilise un tee de golf et j’écoute où ça frotte 🙂
      Vous lirez aussi dans notre prochain billet que mes aventures avec ma roue arrière ne sont point terminées… 😛
      On vous embrasse!

      • Mince mince mince alors, j’espère que tu finis pas les étapes en courant quand même ! Merci pour vos vœux et bon courage (au moins vous êtes encore dans des endroits avec des magasins de vélo, plus tard faudra sortir le poste à souder…).
        Bizzzz
        Till

      • Ha Ha! T’inquiète, on a ça dans nos bagages! Mais nous ne devrions pas en avoir besoin, car en fait j’ai carrément changé de roue (encore) et fait monter une nouvelle à San Diego, selon mes désirs. (Jusqu’) À présent, tout roule de nouveau! Tant mieux parce qu’ici au Mexique, certaines routes ne sont pas des plus carrossables…

  3. Nous étions à Hungtington Beach il y a exactement 1 an pour un demi-marathon sur le bord de la mer. Sublime! Dommage pour les problèmes de roue ;-(

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